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Eugène Atget

Eugène ATGET
Une rétrospective


La rétrospective ne se veut pas exhaustive sachant que l’ensemble de l’œuvre d’Eugène Atget est colossale, elle montre surtout l’important fond acquis par la BNF et met l’accent sur le regard qu’il a porté sur le vieux Paris et ses alentours. Il a eu la reconnaissance seulement à titre posthume, de son vivant il se considérait plus comme un photographe documentaire qui arpentait rues et sentiers par souci de témoigner de son temps. Ensuite, un grand nombre de photographes comme Man Ray se revendiqueront comme son héritier.


photographieL’exposition commence par l’émouvant portrait qu’a réalisé Berenice Abbott, il apparaît au sommet de sa vie assis sur une chaise le dos voûté habillé d’un manteau qui le recouvre jusqu’aux genoux, le regard est fixe, perdu au loin. Il est un homme fatigué, rompu par ses nombreuses marches avec son appareil photo. Sa modernité consistait à inscrire sa vision du monde dans un contexte urbain sans concession où règne misère et splendeur. Toute sa vie, il a fait de la photographie en tant qu’amateur, c’était une profession comme une autre. Avec son obstination, il a montré son regard de visionnaire hors du commun avec la rigueur d’un professionnel.

LES POSTERS

Sa pugnacité le conduit à arpenter les rues de la capitale et à en réaliser un formidable inventaire. Son esprit documentaire le conduit à répertorier les façades des vitrines des magasins de l’époque et à saisir une atmosphère dans les rues parisiennes en dehors de toute cohue ou des  lieux plus tonitruants. Il était déterminé à saisir tous les vieux quartiers avant l’arrivée du métropolitain pressentant que cela allait considérablement modifier les contours de Paris. Il se plongeait dans un temps bientôt révolu tout en montrant le caractère révolutionnaire dans sa manière d’appréhender le monde notamment à travers ses albums où il détermine des séries. Il  va au bout de son sujet jusqu’à l’épuisement. Le Paris d’Atget est loin des stéréotypes, il est tranché dans le vif avec les excès et les aberrations d’une grande ville allant des vitrines surchargées aux rues insalubres. Il s’intéresse aussi à la ville en mouvement et à la mutation qui est en train de s’opérer sans cesse à travers des démolitions et des chantiers.

Paris ne lui suffit pas, il n’hésite pas à aller voire les zoniers et leur bourbier à la périphérie de Paris : portes d’Italie,  d’Ivry, de Choisy, d’Asnières. Il montre la brutalité de leur quotidien. Leurs habitations sont des cahutes construites de bric et de broc ou des sinistres roulottes.  Encore une fois, sensible aux petits gens, il répertorie précisément les petits métiers et les petits boulots. Séduit par les parcs de l’île de France, tels le Parc de Sceaux ou celui de Saint Cloud, il réalise unephotographie magnifique série très graphique d’arbres où les contrastes des noirs et blancs mettent l’accent sur la massivité de leur tronc.
Par son talent et son acuité incisive, il est incontestablement l’une des figures emblématiques de la photographie.


Laurence BAGOT

Infos pratiques de l'exposition

Une rétrospective
Du 27 mars au 1er juillet 2007
Bibliothèque Nationale de France
Site Richelieu - Paris

Visuels

Photo 1 : Au tambour - Eugène Atget (Domaine Public)
Photo 2 : Le joueur d'orgue - Eugène Atget (Domaine Public)

Pour en savoir plus sur l'auteur de cette rubrique :

Chronique par Laurence Bagot
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