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Lee Friedlander

Lee Friedlander 

photographieL'exposition Lee Friedlander au Jeu de Paume est une rétrospective qui retrace l'intégralité de son parcours photographique réalisé aux Etats Unis de New York à Las Vegas. Ce photographe américain a sillonné son pays, aussi bien les grandes villes surpeuplées que le désert aride et hostile aux hommes. Il affirme son style à travers ses deux territoires de prédilection bien qu'il soit radicalement ambivalent.

La scénographie de l'exposition se déroule selon une chronologique qui s'oriente de ses débuts photographiques en milieu urbain jusqu'à ses derniers clichés plus personnels de famille, d'amis. De grandes thématiques surgissent comme l'autoportrait, les scènes de rue, les nus, les immenses étendues désertiques. Tout au long de sa carrière, il a exploré minutieusement les facettes énigmatiques du noir et blanc avec les contrastes de l'ombre et de la lumière.

photographieLee Friedlander réalise des photographies dans les rues de New York avec une pointe d'ironie sur la société de consommation émergente. Il s'intéresse également à l'intérieur glauque des chambres d'hôtel vides où trône la télévision. A l'époque, elle occupe déjà une position centrale, la solitude et le désarroi sont sous-entendus. Ses autoportraits sont souvent réalisés avec humour surtout lorsqu'il joue avec son ombre et l'environnement dans lequel il réalise la  photographie. Celle, dans le désert avec quelques herbes sèches qui esquissent des cheveux comme un punk, fait sourire. Son jeu de cache-cache est également réalisé avec des reflets de vitrines. photographieCette technique est aussi un moyen d'ouvrir une perspective vers une autre scène au centre de l'image. Très vite miroirs et vitres deviennent un moyen de réaliser un jeu graphique où se superposent et s'entrecroisent des scènes tout en y introduisant des clins d'œil plus ou moins critiques. photographieLe rétroviseur d'une voiture introduit un paysage dans l'image. Sa série sur les monuments aux morts est assez cinglante dans la mesure où elle les montre dans des contextes décalés, envahis par la société, qui affichent des enceintes lumineuses des produits de grandes enseignes. La société les oublie au profit de l'hystérie des produits de marque qui surchargent le paysage urbain.

photographiePar la suite, il s'éloigne de l'agitation des villes et se consacre au désert, à sa végétation en souffrance. Il s'attarde la plupart du temps aux enchevêtrements de branches sèches qui trament tout l'espace de l'image. L'exposition se termine par des portraits de personnes qui ont croisé son chemin. Evidemment il s'y trouve des grandes figures de la photographie tels que Walker Evans, John Coplans et Jim Dine.

Laurence BAGOT

 

Infos pratiques 

Exposition Lee Friedlander
Du 19 septembre au 31 décembre 2006
Jeu de Paume - Site concorde - Paris
http://www.jeudepaume.org

Pour en savoir plus sur l'auteur de cette rubrique :

Chronique par Laurence Bagot
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