A+ A A-

Gisèle Didi (II)

Sur la route de Gisèle DIDI
Photographies 1989-2006

photographieL'exposition a un caractère rétrospectif puisqu'elle retrace les différentes étapes de son parcours photographique allant des Femmes aux nattes aux triptyques plus récents de Gisèle sort de la ville. Ce condensé iconique dont Gisèle est le principal sujet présente les grands temps forts de sa production artistique avec Chronique ordinaire et les Autoportraits de famille. Très vite, dans la plupart de ses projets, sa vie constitue le cœur qui donne matière à son inspiration.


photographieGisèle se livre beaucoup tout en laissant une part d'ambiguïté qui sème le doute entre réalité et fiction. Elle affectionne de s'auto portraiturer au gré du temps et des bouleversements qui sont générés par son environnement et la vie en général. Son être est le prétexte à délivrer des messages universaux concernant l'humain à travers son propre affect et son quotidien. La banalité ne l'effraie pas, elle l'affiche bien au contraire sans commune mesure. Il n'y a pas de petite histoire mais un vivier inépuisable d'instants à saisir. Sa vie est une œuvre à part entière vécue pleinement dans toutes ses dimensions où elle pèse et soupèse les moindres inflexions des événements. Sa vie n'est pas solitaire, elle y fait rentrer l'autre avec des amis, des personnes de la famille qui sont autant de miroir.


photographieDans l'exposition est significativement représentée Chronique ordinaire par un dispositif en panneau qui met en exergue des séquences imprimées au jet d'encre ce qui rend plus évident son important travail iconique. Gisèle se dévore journellement par un procédé de diptyque qui fonctionne avec le principe où cohabitent un autoportrait et une vision du jour qu'elle introduit dans son site internet. Le sujet de prédilection est donc elle-même dans la brutalité de la vie quotidienne avec des hauts et des bas, de la tristesse et de la joie jusqu'à l'hystérie. Le caractère boulimique et narcissique de ce projet trace avant tout une femme en proie aux contraintes de la réalité avec des interrogations sur sa propre condition en même temps que sur celle des femmes dans notre société contemporaine. Elle se questionne également dans son rapport à l'altérité avec des gens qui entrent et sortent de sa vie.


photographieLa pièce photographique auto dispersée est édifiante. A travers des petites photographies prises à différents moments qui constituent une œuvre à part entière. Dans son ensemble, elle est rythmée par des couleurs et des lignes, de plus près, elle dévoile des aspects de sa vie à caractère plus douloureux presque tragiques. De loin, le rouge apparaît de manière abstraite, de plus près il est signifié par des taches de sang qui peuvent à la fois apparaître sur le mur ou sur le corps de l'artiste. Ce condensé d'une vie montre et suggère qu'il ne s'agit pas d'expliquer pourquoi il y a des pleurs ou des rires mais de parler de la vie dans toute sa globalité. Il demeure toujours une part de mystère.


Sa nouvelle série Gisèle sort de la ville est réalisée sous le mode du triptyque photographique qui joue à la fois de la différence et de l'insistance. Elle est souvent mise en scène dans un contexte de nature plus ou moins bucolique. Tout paraît plus calme, plus apaisé même s'il y a un autoportrait qui semble être dans la tristesse. L'œuvre de Gisèle DIDI est résolument protéiforme, sa manière d'aborder l'autoportrait est sans cesse renouvelée.

Laurence BAGOT

Infos pratiques

Exposition du 03 novembre au 02 décembre 2006
Sur la route de Gisèle DIDI photographies 1989-2006
Studio Angel's
12 rue Hippolyte Lebas
75 009 Paris

Ressources web

Site de Gisèle DIDI
http://www.giseledidi.net

Autre article du même auteur
Gisèle DIDI, autoportrait de famille


Pour en savoir plus sur l'auteur de cette rubrique :


Chronique par Laurence Bagot

Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.