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Saul Leiter

Saul Leiter à la fondation Henri Cartier-Bresson


L’exposition de Saul Leiter est l’occasion de rentrer dans l’univers d’un photographe au regard fin et poétique. Une première série photographique en noir et blanc met l’accent sur l’être humain dans son quotidien et ses déambulations dans  la ville de New York. La deuxième série est prise en 1948, au moment où il commence à photographier en couleur.  L’ensemble couvre la période de 1947 à 1965.

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Saul Leiter n’est pas pas seulement un photographe, il est en premier lieu un peintre passionné qui développe sa sensibilité en réalisant des compositions plus ou moins abstraites. Ses peintures sont très colorées, spontanées et précises, la texture généreuse et délicate avec des coloris froids aux sublimes tonalités. Inéluctablement son côté matiériste se retrouve dans son langage photographique à travers une image dont le piqué invite au toucher. Il saisit des personnages en mouvement qui ne font jamais face. Saul Leiter fait écho à l’humanité en faisant ressortir le fragile dissimulé dans chacun d’entre nous.

Dans sa série en noir et blanc apparaissent plusieurs thèmes récurrents dont celui des visages  d'hommes cachés sous l'ombre de leur chapeaux et lunettes noires et ressemblant de ce fait aussi bien à des hommes d'affaires qu'à des gangsters. Il est aussi attentif aux personnes esseulées, brisées par la dureté de la vie. Il révèle une certaine noblesse du sujet quelque soit le contexte social et économique. Avec malice, il photographie aussi bien les chaussures d’une personne recroquevillée que les jambes d’une passante. Ce sont des petits détails qui mettent en évidence tout autant l’humanité que le contexte urbain dans lequel ils s’inscrivent. Son regard n’est pas intrusif. Saul Leiter photographie avec pudeur et humilité en insistant sur une ombre ou fragment d’un corps. Il laisse toujours une part de mystère en jouant sur l’ambiguïté du visible et du suggéré. L’image demande de faire l’effort de se projeter à l’intérieur de la scène, de la scruter à travers ses multiples superpositions de plans. Des compositions sont audacieuses notamment  la photographie prise sous une tempête de neige et occupée pour les trois quarts par un auvent en dessous duquel on devine une scène de rue avec des gens emmitouflés dans leur manteaux.. Saul Leiter affirme une préférence face aux intempéries le plus souvent quand le paysage est enneigé ou venté. Il aime aussi jouer sur la transparence pour suggérer des silhouettes qui se superposent aux lettres de certaines célèbres affiches ou enseignes américaines.   

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Dans les séries en couleur, il s'évade de New York et photographie les villes européennes. Les  images sont subtilement colorées de teintes un peu délavées mais nuancées. Il garde toujours des compositions qui soulignent des tranches de vie dans la rue. Les vitres embuées laissant apparaître des lettres et des mots sont autant de miroirs sur la vie urbaine. Ce n’est qu'à 85 ans qu’il atteint une notoriété et qu’il est reconnu  par ses pairs.

Laurence BAGOT

Infos pratiques de l'exposition

Du 17 janvier au 13 avril 2008
Exposition à La Fondation Henri Cartier Bresson
Saul LEITER (1879-1973)
2, impasse Leblouis 75014 PARIS
Heures d’ouverture : Du mardi au dimanche de 13h00 à 18h30
Nocturne le mercredi jusqu’à 20h30. Fermé le lundi

Index des illustrations

Photo 1 : Couverture du livre Saul Leiter: Early Black and White by Martin Harrison, Saul Leiter- Editeur Steidl - ISBN : 978-3865214133
Photo 2 : Couverture du livre Saul Leiter: Early Color by Martin Harrison, Saul Leiter - Editeur Steidl/Howard Greenberg Gallery - ISBN : 978-3865211392

Pour en savoir plus sur l'auteur de cette rubrique :

Chronique par Laurence Bagot
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