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Bernard Rouget

Bernard Rouget


http://www.bernardrouget.com


Par : Frédéric Brizaud


Philippe Rouget répond à nos questions au sujet du travail photographique de son père Bernard Rouget. Œuvre qu'il a souhaité mettre en valeur au travers du site qu'il lui a dédié : www.bernardrouget.com


Vous avez créé le site www.bernardrouget.com en hommage à votre père, Bernard Rouget de Conigliano, photographe, écrivain et cinéaste. Est-ce une façon pour vous de faire en sorte que l'oeuvre de votre père ne soit pas oubliée?


photographie

Oui pour moi c'était l'occasion de faire connaître l'œuvre de mon père. S''il avait connu Internet il aurait été ravi de ce médium car il avait une boulimie d'écrire, de photographier, de publier, il ne vivait quasiment que pour ça. Maintenant quand j'entends parler du Maroc, de la colonisation et du Maghreb pendant la guerre, je pense à mon père qui était passionné par ces sujets. Il aurait voulu en parler comme témoin et comme historien. Je me souviens qu'à la fin de sa vie, il travaillait presque tout le temps sur ces thèmes. A l'époque cela intéressait peu de monde mais aujourd'hui tous ces sujets sont à la une. Son désir était de montrer l'image d'un Maroc noble, et d'immortaliser les grands événements de ce pays et son évolution.


Bernard Rouget a vécu une grande partie de sa vie au Maroc. Il a réalisé de très nombreuses photographies et publié plusieurs livres sur ce sujet. Savez-vous d'où lui venait son amour inconditionnel de ce pays ?


Je me référerai au texte d'Edmonde Charles Roux à son sujet : "Il s'est attaché à découvrir les beautés spécifiques du paysage marocain… avec une sensibilité rare, célébrer les aspects particuliers des hommes, des femmes et de la foule, l'architecture des villes et des villages". Il aimait profondément ce pays, sa lumière, les grands espaces, sa quiétude. Il avait beaucoup d'amis marocains. Il avait étudié son Histoire son éthique. Le titre d'un de ses livres est révélateur "Maroc Pierre et âmes... ".


Votre père a côtoyé et photographié aussi bien des rois comme Hassan II, des présidents comme De Gaulle, des hommes d'états comme Churchchill, mais aussi des artistes comme Piaf, Prévert, Orson Welles et même des danseuses des Folies Bergères. D'après vous, de quel milieu se sentait-il le plus proche et quel était son domaine photographique de prédilection ?


photographie

Mon père s'intéressait beaucoup la politique. Il adorait être au milieu des rencontres entre les grands de ce monde comme lorsqu'il avait suivi Mohammed V au Moyen-Orient (il avait fait un film qui est passé à Connaissance du Monde). Il aimait être un témoin et raconter ensuite comme le journaliste qu'il était (issu de l'école de journalisme de Lille). C'était aussi un grand amateur de littérature, de musique et d'art, il était curieux de tout, des belles images comme des beaux textes comme des films. Il m'emmenait au cinéma très jeune (7 ans) voir Orphée de Cocteau ou le Don Juan de Molière réalisé par Marcel Bluwal. Je ne comprenais pas grand chose mais je trouvais cela très beau. Il était curieux de beaucoup de choses et son flair était assez fin. Il était aussi sensible à la poésie d'un lieu qu'à l'expression d'un visage ou aux aspects documentaires d'une situation. Il a laissé "une chronique visuelle" unique en son genre.


Au delà de son aspect artistique, l'œuvre de Bernard Rouget est devenue un véritable témoignage historique. Pensez-vous que son travail mériterait d'être mieux connu du grand public ?


Oui car c'est un document unique. Il a été un témoin privilégié des événements du Maroc qui ont eu lieu de 1940 à l 'Indépendance. Rien n'a été oublié par son œil de photographe. Il a tout fixé: les activités du pays, sociales, religieuses et industrielles, les rites religieux, le folklore de toutes les régions, leurs coutumes, les villes, les mosquées, l'architecture moderne et traditionnelle.

Tous ces documents pourraient aider les historiens d'aujourd'hui à se pencher sur cette mémoire qui fait tant débat.

De toutes ses belles photos émanent l'amour de ce pays qu'il a voulu transmettre dans toute sa beauté.


Chronique par Frédéric Brizaud

Site : www.photophiles.com
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