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Cédric Helsly

Cédric Helsly


http://www.helsly.com


Par : Frédéric Brizaud


Photographe indépendant, Cédric Helsly nous livre ses réflexions sur son métier et sur ses travaux personnels qu'il publie sur www.helsly.com.


Le métier de photographe est un métier difficile et souvent aléatoire. Pourtant vous avez décidé de quitter un emploi confortable de responsable de projet au sein d'une banque pour exercer ce métier. Vous arrive-t-il parfois de regretter ce choix?


photographieNon. Je n'ai jamais regretté mon choix. J'ai eu la chance d'avoir un congé sabbatique entre l'arrêt de la banque et le début de ma nouvelle activité. Ainsi, j'ai pu tester le métier de photographe avant de prendre ma décision. Je trouve que ma vie est bien plus confortable maintenant qu'avant. Je n'ai pas d'obligations à part celles que je me donne. Les costumes sont dans une malle à la cave. Je travaille chez moi. La seule chose que je regrette, c'est l'absence de collègues. Et oui, le métier de photographe est un beau métier, mais c'est un métier solitaire !


Vous présentez une partie de votre travail personnel sur votre site Internet www.helsly.com, notamment la série "Le marcheur" réalisée dans les pays de l'est. Votre marcheur a-t-il un but?


Le marcheur avance sans but. Cela correspond à mon envie que les spectateurs s'approprient les images. Je ne créé pas des images pour dire aux personnes quoi en penser et pourquoi je les ai faites. Je laisse le libre arbitre de l'interprétation. Donc, il marche sans but. Le seul but est le votre.


On perçoit une forme de résignation dans les images qui composent "Le marcheur", "L'absence", "Auschwitz Birkenau" ou encore dans la série "A défaut d'un toit, une toile de tente" réalisée pour Médecins du Monde où des sans abris, faute de logements sont contraints de s'abriter dans des tentes. Est-vous quelqu'un de résigné?


photographieC'est marrant car vous êtes les premiers à me dire que mes images ont une forme de résignation. De plus, je ne suis absolument pas résigné. Je pense qu'on vit dans un monde en pleine mutation et plein d'opportunités. Nous avons la chance de pouvoir voyager et nous sommes dans les 15 % des humains les plus riches. Je ne vois pas comment je pourrais être résigné quand mon seul souci est de faire des photos alors que la moitié du monde se demande comment il va manger demain.


L'homme est toujours au coeur de votre travail même quand il n'apparaît pas sur l'image. C'est particulièrement frappant dans votre série "Auschwitz Birkenau" où on ressent la présence des hommes et des femmes qui ont vécu et qui sont morts dans ce camp. Vous définissez-vous comme un photographe humaniste?


Faire des photos, c'est mettre en image des émotions, soit par des créations, soit par des reportages. Et les émotions naissent pour moi obligatoirement des hommes.

A part le marcheur qui a un objet humoristique, le reste s'appuie sur des sentiments moins agréables : "L'absence" parle de moi et d'une rupture. La photo m'a permis d'extérioriser ce moment de ma vie et de le marquer dans le temps. "Auschwitz Birkenau" n'a pas du tout été anticipé, la construction de la série s'est faite avec ce que j'ai ressenti sur place : de la haine et de la tristesse. Enfin, le reportage pour Médecins du Monde est un travail que je réalise bénévolement car il est nécessaire que ces organisations aient des images pour les médias. Je participe à leur combat en créant les images. Et ce combat n'est pas une résignation. Loin de là...


Pouvez-vous nous parler de vos projets à venir?


Comme pour les séries précédentes, je pars me balader. Un appareil, un objectif, un type de film, rien d'autre, et je verrais ce qui se passe une fois sur place... La mer noire est mon prochain voyage. Un monde en devenir et au confluent d'un nombre important de civilisations.


Chronique par Frédéric Brizaud

Site : www.photophiles.com
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