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Raw Shooter Essentials

  • Published in gratuitiels

Raw Shooter Essentials 2006

Par : Rémy Pilliard

 

Avec la photographie numérique, on a vu arriver, à l'instar de la musique auparavant puis de la vidéo, des formats de fichiers spécifiques et propres à la création numérique. Au début de l'électronique, les fichiers ont obtenu un titre dénommé extension qui précède le nom, contrai-rement aux titres usuels qui indiquaient leur statut après un point et sous forme de trois carac-tères. Les informaticiens connurent d'abord les ".bat", ".ini" et autres ".exe" avant que les se-crétaires et autres utilisateurs de bureautique ne découvrent les ".txt" puis les ".doc", ".xlt" ".xls", etc. suivis par les musiciens avec les ".mid", ".wav" et autres frères de sons pour se compliquer avec l'arrivée des images en ".gif" puis JPEG qui de quatre lettres se comprima comme le fichier à trois donnant ".jpg". Le problème du JPEG résidait dans cette compression que les puristes et les ingénieurs de la photographie trouvaient mal adaptés à leurs besoins. Il existait d'autres formats, mais comme dans une fable de La Fontaine, aucun ne convenait. Vint alors le fichier brut, comme le brut de scan ou le produit brut non encore travaillé. S'il avait été découvert par des francophones, on aurait peut-être eu droit à une abréviation du genre ".bru" qui aurait évoqué le brut de Champagne ou la belle bru, en hommage à une jolie femme, ce qui aurait fort bien convenu à la photographie. Hélas les anglo-saxons furent les premiers à tirer ce qui donna un raw, (prononcez ro-ou) proche du roh germanique (qui a d'ailleurs la même signification) mais qui en français n'est pas un éloge de l'image mais plutôt le rappel d'un son accompagnant la fin d'un repas bien tassé.

Chaque fabricant d'appareil numérique a développé son format RAW, que les logiciels fournis avec l'appareil reconnaissaient aisément mais que les fournisseurs de logiciels autonomes avaient de la peine à traiter. On a ainsi NEF pour Nikon, CRF pour Canon, RAF pour Fuji, X3F pour Sigma, ORF pour Olympus et MRW pour Minolta (Konika et Sony par la suite). Quelques développeurs subtils trouvèrent là une aubaine pour développer des logiciels dans un créneau en marge des grands Photoshop et PhotoPaint pour ne citer qu'eux. Ce fut le cas d'une petite entreprise nommée Pixmantec qui, pour assurer la diffusion de son produit, lança un logiciel gratuit mais néanmoins performant : Raw Shooter. Fort de leur succès, ils déve-loppèrent alors d'autres évolutions plus professionnelles en ciblant les photographes de haut niveau avec un produit sans cesse amélioré. On vit alors apparaître des versions Premium et Pro. C'est alors qu'advint ce qui arrive généralement pour ces petites sociétés : le géant Adobe flaira le bon filon et racheta l'entreprise pour intégrer ce petit logiciel à leur produit phare, le fameux Photoshop. Heureusement pour tous, la version gratuite de Raw shooter a survécu au rachat et continue d'être offerte généreusement sous le titre de Raw Shooter Essential.

Un rugissement (raaou!), c'est à quoi on pourrait s'attendre en voyant arriver un superbe fauve sur l'écran de démarrage (Image 1). Après quelques hésitations sur une apparence grise et un peu austère de la fenêtre, il faut reconnaître que ce logiciel est bien pensé pour transformer vos images brutes en des fichiers soignés et fort bien travaillés. Il existe plusieurs possibilités de faire le travail à la pièce dans les détails les plus infimes ou à la chaîne avec une quantité de paramètres programmables. Pour un logiciel gratuit, certains professionnels seront com-blés. Certes, pour aller vraiment au fond des détails il faudra débourser une centaine de dol-lards pour faire de la quadrichromie, de l'ajustement colorimétrique, du traitement de bruit raffiné, etc.

Mais tout de même, toutes les fonctions disponibles gratuitement sont éloquentes et suffiront à un large éventail de photographes passionnés et avertis, à très haut niveau.

Lors du premier lancement ou lorsque vous n'avez plus utilisé ce logiciel depuis longtemps, Raw Shooter présente la (ou les) version installée et  propose de consulter les mises à jour (Image 2). Le choix des préférences est assez succinct (Image 3) mais suffisant. Les processus répétitifs peuvent être paramétrés facilement (Image 4). Il n'y a pas de menu, comme sur beaucoup d'autres applications Windows, mais des boutons avec des flèches d'extension qui elles, font apparaître les menus (Images 5 et 6). Non seulement utile dans le traitement des images, il permet également une gestion de celles-ci, en attribuant des valeurs et des préféren-ces aux images ainsi que des quantités de paramétrages (Image 7). Les imagettes peuvent se présenter avec leur fichier explicatif partiel (Image 8). Les représentations graphiques en bas à droite de l'écran peuvent prendre différentes formes de visualisation en couleurs pleines ou fil ou simplement en histogramme gris (Images 9 et 10). Après avoir lancé le traitement par le bouton "Add" (Image 11), l'image traitée sera affichée dans l'explorateur d'image de votre choix que vous aurez paramétré dans le bouton voisin "locate" (Image 12) (Ici dans l'explora-teur gratuit XN View). Au bas de l'écran, à côté de l'histogramme en couleurs, se trouve un petit triangle jaune qui permet de faire apparaître les zones surexposées, sur l'image brute ou après un traitement particulier. (Comme dans la visualisation des images sur un "Canon" ou "Nikon") (Images 13 et 14). Bien que la qualité de l'image ait été paramétrée sur 16 bits (Image 15), la visualisation des paramètres dans un autre explorateur n'a montré qu'une valeur de 24 bits soit seulement 8 bits par couleur (Image 16). Il est probable que le traitement 16 bits soit réservé à la version Premium payante. En jouant sur les molettes de couleur, lumière et saturation, on parvient facilement à transformer des images de plein midi en des images de tombée du jour (Image 17), ce qui démontre le potentiel de ce logiciel. Enfin, aucune image originale n'est modifiée. Toutes les images travaillées sont stockées dans un répertoire diffé-rent, avec des possibilités de rajouter des commentaires, des noms, des signes etc. à l'image modifiée (Image 18).


S'il fallait lui trouver un défaut, ce serait celui de n'être malheureusement disponible que dans la langue de Shakespeare, en anglais donc. Pour l'instant aucune version pour Mac n'est connue mais il y a fort à parier que depuis qu'Adobe y a mis ses capitaux, une version pour cette plateforme soit bientôt disponible.

Raw Shooter Essential (version 2006), de Pixmantec (Image 19) est disponible sur le site :

http://www.pixmantec.com

et téléchargeable gratuitement à l'adresse (environ 5 Mo à télécharger): http://www.pixmantec.com/products/

rawshooter_essentials.asp

1 Interface ouverture1 Interface ouverture
2 Ouverture2 Ouverture
3 Préférences3 Préférences
4 Paramètres
4 Paramètres
5 Bouton menu
5 Bouton menu
6 Bouton Image
6 Bouton Image
7 Gestion d'images 7 Gestion d'images
8 Informations 8 Informations
9 Histogramme couleur plein9 Histogramme couleur plein
10 Histogramme couleur fil10 Histogramme couleur fil
11 Lancement du traitement11 Lancement du traitement
12 Affichage après traitement12 Affichage après traitement
13 Zone surex13 Zone surex
14 Zone surex poussée14 Zone surex poussée
15 Paramétrage 16 bits15 Paramétrage 16 bits
16 Affichage du traitement16 Affichage du traitement
17 Colorisation17 Colorisation
18 Sous répertoire et stockage18 Sous répertoire et stockage
19 Raw Shooter Essential19 Raw Shooter Essential

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