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Athit Perawongmetha saisit la Thaïlande

Photographe thaïlandais, âgé de 36 ans, Athit Perawongmetha est devenu l’un des photojournalistes les plus connus du monde, avec ses clichés sur les Khmers Rouge. Prises lors des heurts entre les forces de sécurité et les « chemises rouges », manifestants contre le gouvernement, il a assisté aux rassemblements organisés par le Front uni pour la démocratie contre la dictature.

La révolte des Khmers rouges, n’est pas un sujet anodin pour le photographe, vivant en Thaïlande, Athit Perawongmetha a photographié, depuis 2008, les premières manifestations des "chemises rouges" et des "chemises jaunes", qui elles sont pro-gouvernement. Travaillant pour l’agence Getty Images, il connaît bien les dessous du conflit et les ambiguïtés de ce mouvement populaire.

Passionné par son métier

athit perawongmethaAmoureux de la photographie, cet ingénieur en informatique décide de tout quitter pour se consacrer à sa passion. Il débute en Thaïlande, mais ces clichés ne concerne pas seulement son pays d’origine, il s’est rendu en Indonésie, en Birmanie. Après avoir été photographe pigiste, il devient photographe à plein temps pour Media Transasia où il a travaillé pour de nombreux magazines, "Expression" (publication spéciale pour les membres carte American express), "Where" (magazine Voyage), "Elite" (publication de la Royal Bangkok Club Sport), et "Vivre en Thaïlande ". Il acquiert alors de l’expérience, notamment sur les différents styles de photographies, sur les plans en extérieur, et intérieur,  et sur les types de photographies : artistique ou commerciale.

Après deux années passées à Media Transasia, il travaille pour "International Herald Tribune Thaiday" où il se penche sur des questions politiques, et de faits divers. Loin des photos portraits, ou commerciale, il prend l’actualité comme modèle.  Près de 24 mois plus tard, il reprend son indépendance, et travaille pour l'Agence Getty Images Nouvelles, comme photojournaliste en Thaïlande et dans d'autres pays en Asie. Il collabore  avec l'UNICEF (Thaïlande), Greenpeace Asie du Sud, Save the Children (Suède) et National Geographic (édition thaïlandaise). Ses œuvres ont également été publiés dans plusieurs magazines dont "Time", "The Guardian" (Royaume-Uni), «International Herald Tribune", entre autres.

Des images patientes

Connu pour être un photographe patient, Athit est « capable d’attendre des heures sans dégainer son appareil photo, assis au milieu des "chemises rouges" qui attendent le bon moment pour agir. Capable aussi de photographier les instants qui ne sont pas à l’avantage des insurgés ou de l’armée », explique Priscille Lafitte, envoyée spéciale à Perpignan, lors du Visa pour l’image 2010, pour France 24.

Avec son exposition, « Bangkok de tout les dangers », Athit Perawongmetha offre des photographies vivantes, et violentes. Cette vision des soulèvements de Bangkok donne une nouvelle image des manifestants, mais aussi des autorités. Il met en avant un contraste, entre les hommes d’un côté, qui luttent, et de l’autre, les femmes qui parlementent.

Jouant avec les couleurs, tels que le bleu et le rouge, Athit explique que « La couleur dans ce genre de reportage, est vraiment importante. Ici, le rouge surtout, puisqu'elle est la couleur des chemises rouges, c'est un symbole pour les manifestants. Dans les manifestations, tout le monde en portait, c'était un moyen de s'identifier. Quand vous êtes caché, et que vous voyez toute cette foule rouge, c'est vraiment impressionnant. De plus, je n'ai jamais pris de photos en noir et blanc ».

De l’instantané à la profondeur

De même, les clichés sont pris dans un temps très court, « parce que c'était le cas dans la réalité » explique-t-il sur le site de Visa pour l’Image 2010. « C'était deux mois remplis de violence du début à la fin. Il y avait des confrontations entre soldats et chemises rouges. J'ai eu besoin de me cacher pour échapper aux soldats, aux balles... Je n'ai pas pris de photos avant ou après parce que ce n'était plus la même situation ».

Aujourd’hui, Athit Perawongmetha fait des photos de paysages, de courses de voitures, « ou des trucs pour touristes, ça permet de mieux gagner sa vie ». Cependant, son envie d’aller dans des zones en guerre, reste présente. Ce dernier a expliqué sur le site Visa pour l’image, « J'aimerais énormément aller prendre des photos en Afghanistan. Mon reportage sur Bangkok était mon premier en tant que photojournaliste, et quand on fait ce travail, on découvre beaucoup de choses. Mon meilleur ami est allé en Afghanistan, et j'aimerai aussi y aller pour tout prendre en photo. Ce n'est pas vraiment habituel pour les gens de chez nous, parce que c'est dangereux, mais ça me plairait vraiment ».

Conscient des risques, il conclut « Ce travail m'a enseigné que si on se bat pour quelque chose, tout est possible, comme par exemple devenir reporter professionnel. Je ne pense pas que j'en sois un déjà, parce que c'était plus facile pour moi de faire ce premier reportage dans mon propre pays, Mais quand je vois mon exposition, ici à Visa pour l'Image (Perpignan, septembre 2010), dans un pays étranger, je savoure vraiment. Ce travail n'est pas à apprendre dans une école, c'est principalement une histoire de volonté. »

Son site net : http://www.kanoknanphoto.com/

Liste exhaustive de ces clients

Getty Images News Agency
Greenpeance South East Asia
Save the children (Sweden)
Unicef Thaïland
National Geographic Thai Edition
Hello Magazine Thai Edition
Nature Explorer Magazine
Shangri-La Hotel Bangkok
Landmark Bangkok
Seaview Kohchang
Jirana Patong Phuket
Thai Airways International
Parchong Jutemill
Paragon Design
 R.C.D. Kitchen Design Center
8Thonglor

Celine Tabou En savoir plus sur l'auteur de cet article

Céline Tabou
Evènements, Asie
Son blog : http://celinetabou.wordpress.com
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