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Chen Man, de l’art au bout de l’objectif

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Chen Man, de l’art au bout de l’objectif 

Devenue « star » de la mode et du luxe en Chine, Chen Man (陳曼) a déjà réalisé de nombreuses couvertures de magazine, dont Vogue, Elle, Vision, Bazaar, Marie-Claire, Cosmopolitan, Officiel, Esquire et Madame Figaro Chine. Elle a également réalisé des campagnes publicitaires en Chine pour Lancôme, Motorola, Adidas, Nike, Max Factor ou encore l'Oréal. Née en 1980, cette jeune photographe a depuis prit en image les plus grandes stars chinoises, de Fan BingBing à Gong Li. Star de la photographie de Mode, cette artiste originaire de Pékin a baigné dans le monde de l’art depuis son enfance. 

Un artiste connue et reconnue 
Les médias occidentaux ne tarissent pas d’éloge pour son travail, de même que les musées et galeries qui se l’arrachent. La photographe a exposé ses œuvres dans les plus grands musées et galeries de Chine tels qu’Art Paris ou Art Beijing et dans les succursales de Londres, Hongkong et New York pour la seule année 2009. Considérée comme un des talents les plus prometteurs de sa génération, elle a participé en 2008, à l'exposition "China Design" au Victoria and Albert Museum à Londres. Une de ses photos a d’ailleurs été choisie comme affiche de l'exposition. 

Pékinoises d’origine, Chen Man a vécu dans une famille d’artiste, elle « semble représenter toute la folie exponentielle de la Chine, une créativité avant-gardiste alliée à une technologie toujours plus pointue » (SubYu Magazine, Fanny Lasserre, 2010). Ses photographies se définissent en des images nettes et précises, « un lissé de la peau des mannequins, des maquillages hyper travaillés, une fraîcheur et une maîtrise de la technique 3D, font de son travail une création unique ». ses œuvres sont immédiatement reconnaissables par son style esthétique surréaliste, qui ne manque pas d’originalité. 

Fascinée par la beauté des femmes, « I’m obsessed with women’s bodies and have a visual desire for beauty » a-t-elle déclaré dans une interview d'Edmund Lee au Shenzhen Daily. L’artiste a expliqué que ses œuvres ne reflétaient pas forcément sa personnalité, « Je suis une personne très facile à vivre, alors que mes œuvres sont parfois assez extravagants, affichant une forte personnalité. Elles donnent une impression totalement opposée à ma propre personne ». 

Un style personnel original 
Edmund Lee explique qu’entre styliste fantastique et  assistante de post production numérique, ses images gardent leur vraisemblance. Son sens de la « perfection irréaliste » imprègne son art qui peut être caractérisé par « la vivacité des couleurs, ainsi que les carnations impeccablement polie et fantasmatique du maquillage des mannequins ».

Issue de la génération 80, Chen Man est immergée dans la mode, le luxe, l’art contemporain post-maoïste, tout ce qui représente l’ouverture de la Chine au monde, depuis 1978. Elle débute sa carrière en 2003, alors qu’elle est encore étudiante aux Beaux Arts de Pékin. Elle tatillonne puis trouve son style en faisant des couvertures de magasines, tout en conservant sa passion pour la peinture, qu’elle possède depuis l’âge de deux ans. 

Certains experts de la photographie qualifie ses œuvres d’art surréaliste, l’artiste quant à elle explique ne pas en avoir conscience, mais « Peut-être que je suis [influencée par elle], mais je n'ai pas prêté beaucoup d'attention. Je suis surtout préoccupée par ce qui m’entourent, notamment les chinois ». 

Une génération high-tech 
« Grandir dans les années 1980 et 90 a une grande influence [sur nous]. Tout d'abord, notre génération est moins garantie par un niveau de vie élémentaire. C'est seulement après avoir pu atteindre ce niveau, que les gens vont penser à des choses comme l'art et la mode », explique Chen. « Nous avons connu le début de l'ère numérique, l'épanouissement de l'Internet et les pirates [les médias]. Ils nous permettent de rester instantanément en contact avec le reste du monde ». Cette évolution numérique a fait naitre une série de collection sur le rapport entre la femme et les nouvelles technologies. 

Dans sa nouvelle série de 2010 sur la protection de l'environnement, l'artiste contemple la place des déchets électroniques dans la société, à travers des fils d'ordinateur et des composants de téléphones portables sur les têtes de ses modèles nus. La photographe explique que le but est de « rassembler le message de protection de l'environnement à l'esprit à la mode ». « Je veux montrer aux gens que ce qu'ils ont jeté peut également être transformé en quelque chose de beau ».

A la différence de la collection « Jeunes Pionniers » de 2009, son travail correspond plus à l’artiste, qui y évoque sa propre enfance, en habillant une « fille chinoise typique » avec « ce que nous avons porté comme Jeunes Pionniers, [une organisation de jeunesse de masse sous le Parti communiste], quand nous étions enfants ». La différence vestimentaire réside dans la transparence des vêtements qui sont plus à la mode, qu’à l’époque. En contraste, Chen Man a numériquement juxtaposés la fille avec respectivement des images représentant les trois points de repère de la Chine actuelle, la tour de la CCTV (China Central Télévision), la sonde lunaire Chang'e-1et le barrage des Trois Gorges.

Les œuvres de Chen Man offrent une interprétation différente selon l’angle de vue d’une photo, cette dernière explique qu’il existe une part sombre du cliché, qui se cache derrière leur apparence brillante. « Nous sommes la génération après la réforme économique chinoise, le développement de la société est lisse, mais il amène également des nombreux problèmes qui ne sont pas très évidentes à l'extérieur », dit-elle. « J'ai l'habitude de l'utilisation des imageries très belle pour représenter la dangerosité et les problèmes cachés en dessous ».

Site net de l’artiste: www.chenmaner.com 


Celine Tabou En savoir plus sur l'auteur de cet article

Céline Tabou
Evènements, Asie
Son blog : http://celinetabou.wordpress.com
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