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l'Epson Stylus Photo R2880

 J'ai testé pour vous : l'Epson Stylus Photo R2880

Les dernières sorties d'Epson portent des numéros 3'000 ou 4'000 mais les machines disponibles pour les tests ne sont pas toujours les plus récentes. Il faut donc se contenter de ce qui est disponible. Pour éviter de partir avec des à priori sur une machine dont la conception remonte à plus de trois ans, plutôt que de tester la machine sur son fonctionnement, regardons plutôt ce dont elle est encore capable au fil du temps. Epson est connu pour ces imprimantes fournissant des impressions photographiques de grande qualité et au rendus impeccables. Celle-ci n'échappe pas à la règle et nous allons donc voir ce qu'il en est. Première impression, visuelle et pas sur papier pour éviter le jeu de mots, l'aspect solide et puissant qu'elle présente au déballage. On pourrait l'espérer plus légère mais ce serait un faux calcul. Une imprimante légère produirait des vibrations et avec cela, des incompatibilités flagrantes avec une photo parfaite. Pour une imprimante de bureau, les vibrations seront compensées par des pieds amortisseurs et surtout ce genre de détail n'y est pas utile. Sous le capot, comme pour une Ferrari, l'élément moteur et principal, les cartouches d'encre. Déjà sur la R1800, on pouvait en compter 8, également mais une d'elle était un apprêt transparent. Le rouge et le bleu de la 1800 disparaissent au profit du rose (magenta clair) et du bleu clair (cyan clair) et le second noir est remplacé par un gris. Le glossy d'apprêt est remplacé par un gris clair et le noir est seul parmi toutes ces « couleurs ». Il y a toujours deux sortes de noir mais suivant l'utilisation ou l'image finale, il faudra jouer au jouer les disc-jockey entre le noir photo et le noir mat au gré des documents et photos à imprimer. Chaque cartouche d'encre ayant sa puce électronique de reconnaissance et servant à indiquer la consommation (ou le reste disponible), il vous sera impossible d'imprimer sur du papier photo glossy avec une cartouche noir mat (non-photo) insérée. C'est la mésaventure qui m'est arrivée : n'ayant pas remarqué que la cartouche noire était destinée au papier normal, j'ai passé un moment avant de comprendre pourquoi je ne parvenais pas à dégriser la sélection du papier photo dans les fenêtres de paramétrage. Et mon premier test d'impression d'une photo sur du papier glossy alors que l'imprimante travaillait en mode papier mat m'a donné une catastrophe humide et un mélange de pigments colorés mais pas secs du tout qui ont bien failli tacher mes vêtements.
Mais c'est avec ce genre d'expérience qu'on évite d'autre catastrophes probablement plus ennuyeuses.

epson 2880
epson
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Impression

CD

Bande et rouleau

 epson epson epson


Passant aux expériences moins tactiques et après avoir changé de cartouche, les essais se sont orientés vers les différentes sorties sur support photographique. Car finalement, pour un passionné de photo, c'est ce qui importe. En premier, une rose avec des gouttelettes de rosée, grand format A3+, sans marge, d'après une image en 16 Bit format TIFF, imprimé en 600 dpi en forçant mon logiciel « Adobe » à gérer les couleurs à la place du pilote Epson. Puis la même mais avec les paramétrages d'origine du fabricant, toujours sur papier glacé Glossy en A3+. A l'oeil nu, impossible de faire la différence. En y regardant de très près, des différence vraiment infimes mais difficile de départager les deux procédés. Un petit avantage tout de même pour les paramétrages d'usine mais ce sont de vrais détails de pinailleur à l'extrême. Difficile de distinguer les pixels sans une loupe et mon compte-fils, pourtant grossissant 10x ne me permet pas si facilement de distinguer entre la structure de la surface du pétale et l'effet granuleux de l'impression numérique. Seul point de repère : une goutte d'eau avec des reflets ; là où la goutte est parfaitement lisse, l'imprimante montre un fin granulé mais visible uniquement à la loupe ! Il faut dire aussi que je n'ai pas pris une image de 120 octets pour l'imprimer. L'impression sans marge est également parfaite, sans dégradation des bords ni décoloration. Pourtant, avant l'impression, le pilote de la machine m'avait averti qu'il pourrait y avoir quelques problèmes. Ça doit certainement être un de ces avertissements à l'américaine pour protéger le fabricant de ces procès idiots pour des exceptions rarissimes. Qualité à la hauteur des attentes donc. C'est à ce demander ce que les nouveaux modèles apportent de mieux. La vitesse d'exécution, la finesse des gouttelettes ? Pas sûr que ce soit vraiment déterminant. En terme de vitesse, ma rose s'est imprimée en moins de 10 minutes ce qui me paraît correct. Peut être suis-je encore de ceux qui considèrent que la patience et l'application mise dans l'exécution d'une tâche apportent une plus grande qualité mais je reste tout de même persuadé qu'une machine qui imprime trop rapidement ne peut présenter qu'un travail bâclé. C'est peut être une « impression » que je n'ai pas encore réussi à vérifier. (Tout en constatant qu'il peut être difficile de parler de sentiments et de matériel avec les même termes qui mélangent au gré des idées comme les couleurs dans tous les sens du terme « impression »)

Au niveau technique, j'en arrive gentiment à me poser la question de savoir si l'évolution des imprimantes ne réside pas (peut être) uniquement dans l'adaptation de la mécanique aux nouvelles encres et colorants. Il me paraît de plus en plus vraisemblable que les machines n'évoluent plus mais que ce ne sont que les encres qui se bonifient et deviennent de plus en plus performantes. L'imprimante n'est qu'une adaptation de la mécanique aux progrès des supports et des couleurs mis en oeuvre. Ainsi, une encre aux qualités spécifique doit-elle pouvoir s'insérer dans le papier ou le support à raison de picolitres, voire bientôt de nanolitres pour donner un rendu si fin que l'oeil humain ne peut plus et de moins en moins faire de différences.
Un mot, peut être encore, sur la capacité des réservoirs d'encre. Par rapport aux machines précédentes, la capacité a augmenté d'environ 1/3. C'est agréable de savoir que l'on peut imprimer ainsi un cinquantaine d'images en grand format et de haute qualité. Mais il faut aussi relativiser par rapport à l'usage d'une telle machine. En effet, ce n'est pas destiné à une impression quotidienne de 500 pages. Les tirages effectués se comptent rarement au delà d'une ou peut être quelques dizaines par mois. Un trop grand réservoir n'a donc pas de sens dans la mesure où les risques de séchages sont plus importants lorsque la machine reste longtemps inutilisée. Les cartouches de réserves étant généralement sous vide et pouvant tenir longtemps dans un endroit sec, des cartouches de contenance plus importantes s'approchent rapidement du non-sens.

Tout cela pour dire que, même après 3 ans de bons et loyaux services, cette imprimante reste encore capable de fournir d'excellentes images. Je ne serai certainement plus là dans 75 ans pour voir si les affirmations du fabricant sont correctes et que la durée de vie des images dépasse cet âge. Ni d'ailleurs le fabricant qui a lancé cette affirmation non plus ! Il ne pourra donc pas assumer la responsabilité de ses affirmations mais c'est quand même agréable de savoir qu'une image qu'on a pu imprimer soi-même risque de passer quelques années en bon état de conservation. D'ailleurs, on n'a pas non plus pu prouver que les images sur Kodachrome garanties 200 ans seront encore en bon état après ce temps-là. Parmi les possibilités disponibles, notons un connecteur USB pour une clé ou connexion directe, un support pour imprimer des surfaces de CD, DVD et autres disques similaires (logiciel d'impression fourni), une bouche d'introduction à l'arrière permettant d'insérer des papiers épais et du papier en rouleaux (un support de rouleaux se fixe à l'arrière de l'appareil et est fourni d'origine).

En conclusion, cette imprimante peut, à l'heure actuelle, parfaitement tenir sa place parmi les autres et surtout celles destinées à l'impression de photos de grande dimension et de haute qualité. Elle fait parfaitement l'affaire et comme les nouvelles sont toujours d'un prix plus élevé, acquérir ce genre de machine actuellement ne fera sans doute pas regretter de ne pas avoir attendu la sortie du dernier modèle qui peut plus que le précédent (surtout que c'est loin d'être certain ou même le cas).

Remy PilliardPour en savoir plus sur l'auteur de cette rubrique
Chronique par Rémy Pilliard
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