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Hommage à Françoise Demulder

  • Published in Histoire

Par Vincent Villano

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L'histoire de la photo en forme d'hommage ce mois-ci. Françoise Demulder nous a quittés alors que l'été tirait sur sa fin. C'était le 3 septembre dernier. Certes, ceci n'est pas passé inaperçu à ce moment-là mais une recherche sur notre portail a été vaine. Alors, quelques lignes pour Françoise...

Celle que Yasser Arafat avait surnommée « Fifi » parce qu'il n'arrivait pas à prononcer son prénom a d'abord été mannequin. Puis, c'est l'amour qui lui a donné la main en la personne d'Yves Bailly, un photographe qui l'entraîne au Vietnam. Nous sommes en pleine époque « peace and love » mais là-bas, l'histoire est quelque peu différente de celle que Boris Vian décrit dans « L'écume des jours » : Au bout des fusils, il n'y a pas de fleur... et elle est immédiatement plongée dans le grand bain. A Saïgon, elle sera la seule à photographier l'entrée des chars Viêt-cong.

Après le Vietnam, le Cambodge c'est au Liban que Françoise va passer près de 10 ans et obtenir en 1977 le prix le plus prestigieux du photo-journalisme, le « World Press Photo ». Elle est la première femme à l'obtenir pour un cliché pris le 18 janvier 1976 à Beyrouth : Une femme implore un milicien chrétien alors que le quartier palestinien de Karantina brûle dans son dos. Par la suite, elle couvrira notamment la guerre Iran-Irak puis la guerre du golfe.

Cette brève biographie peut nous conduire immédiatement à lui donner le titre de « photographe de guerre ». Pourtant, ce serait beaucoup trop réducteur et non conforme à la réalité. Ceux qui l'ont connue disent « que ses boucles noires caressaient son Nikon » et « qu'elle a couvert les guerres sans s'y enfoncer » De fait, à l'exemple de la photo qui lui a rapporté ce prestigieux prix de photo-journalisme, Françoise prenait de la distance avec l'horreur. Pas de scènes à la « Don Mc Cullin », rien qui nous prenne à la gorge, pas de carnages. Au contraire, dans ce monde entièrement masculin, elle a réussi à nous faire partager l'histoire dans ce qu'elle a de plus terrible en y ajoutant la dimension esthétique. Un oeil  féminin sur la folie des hommes. Elle restera irremplaçable.

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Références des illustrations :

Visuel 1 : Couverture du Time 3 Octobre 1983 - Liban - Photo : Francoise Demulder

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Chronique par Vincent VILLANO
Site Internet : www.art-sur-cour.com