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Visa pour l'Image a 20 ans!

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Par Céline Tabou

photographiePour la vingtième année consécutive, Visa pour l'image a posé ces bagages à Perpignan du 30 août au 14 septembre 2008. Pendant une semaine des photographes du monde ont exposé leurs images et leurs témoignages à la vue des passants et des passionnés.

Vingt ans de passion et de combat

Pour son anniversaire, Jean-François Leroy, le directeur et fondateur du Festival international de Photojournalisme a déclaré que l'emblème du festival serait la photographie de Joe Rosenthal, Marines of the 28th regiment of the fifth division raise the American flag on a top MT. Suribachi, 550 Ft moutain on Iwa Jima. Mr Leroy a d'ailleurs déclaré que cette image «porte le drapeau du photojournalisme haut et fort!». Cet hommage est à la fois un signe de reconnaissance pour les photographes de guerre et un moyen de remercier tous ceux qui ont soutenu Visa pour L'image depuis vingt ans.

La passion du photojournalisme est toujours présente malgré les problèmes que rencontre la profession, notamment la difficulté de financer les reportages, le niveau de vie en baisse, les demandes de la presse sur des images de célébrités, des publireportages, des poses des politiques, les photos qui montrent mais n’expliquent pas. De nombreux photojournalistes se plaignent de ne plus pouvoir faire un travail journalistique sérieux sur des évènements qui ont une valeur politique, humanitaire et presque engagée, tels que les guerres, la famine, le Sida, les enfants soldats, les prostitués, les guerriers, les rebelles, …etc. Tout ce qui n'est pas aseptisé, ni enjôleur. D'une certaine manière, la vie de chacun, tous les jours dans des lieux et des cultures différentes.

Des photographes engagés

photographieCependant, de nombreux photographes luttent face à cette effervescence de photographies sans réflexion et sans message. Sur le site de Visa pour l’image, Jean François Leroy explique, "Nous étions fatigués de voir les festivals de photo qui existaient et qui traitaient toujours le photojournalisme comme un accessoire". Il écrit dans son éditorial sur le site de Visa pour l’image que le festival allait essayer de sortir de cette sphère de portrait, d’uniformité qu’il juge ennuyeuse, dans le but de faire les gens et pour mettre en avant de vrais photographes.

Le Festival International du photojournalisme a d’ailleurs accueilli des milliers de passionnés de la photographie qui se sont rencontrés, ont échangé leur point de vue, leurs témoignages et ont exposé leur œuvre aux yeux du public.

Cette année, retour en arrière, avec l'exposition de l'AFP, les dinosaures de la photographie comme David Douglas Duncan ou Horst Faas et les jeunes talents tel que Abdul Munem Wasif.

L'exposition présentée par L'Agence France Presse était intitulée "Retour sur 20 ans d'actualité", l'Agence y a présenté les travaux de plusieurs de ses photographes en France et dans le monde depuis 1989. De son côté, l'américain David Douglas Duncan, a présenté ses travaux sur la guerre de Corée entre 1950 et 1953. Le turc, Göksin Sipahioglu était également présent, fondateur de l'agence Sipa, il avait photographié les évènements de Mai 68, avec un angle différent de celui des français. Quant à Horst Faas, il a travaillé de 1956 à 2004 pour l'agence américaine Agence Press et montre les photos de cette époque.

Une nouveauté

Cette année, Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l'image a fini par admettre que la « peopleisation » de l’information était devenue monnaie courante dans la presse nationale et internationale. Il a expliqué que les images sont de plus en « uniformisées » et que « Tout est peopolisé, tout est aseptisé, on nous dit- Il ne faut plus montrer de violence, mais du people-».

Ce changement risque de créer des problèmes éthiques et journalistiques ; il n’y aura plus d’information et uniquement du sensationnel, cela risque de remettre en cause les fondements même du métier. Il ajoute, "Pendant des années, on nous a parlé du devoir d'histoire, puis du devoir de mémoire, parlons aujourd'hui du devoir de voir et de regarder". De tels festivals ont de l’importance car ils permettent à des photographes français et étrangers de montrer leurs travaux alors que certains médias ne souhaitent pas diffuser des images de la dureté de la vie.

Les récompenses d’un long travail d’investigation

photographieSix prix ont été décernés, le Prix du Jeune Reporter de la Ville de Perpignan décerné par des directeurs photos de magazines internationaux a été pour Abdul Munem Wasif. Ce photographe bangladeshi a montré un portrait édifiant de son pays natal avec nuance et sensibilité. En récompense de son travail, il a remporté le Prix du jeune reporter de la ville de Perpignan et a intégré l'agence VU'.

Le Prix Canon de la Femme Photojournaliste attribué depuis huit ans par Canon France et l’Association des Femmes Journalistes (AFJ) a été décerné à Brenda Ann Kenneally. Soutenue par le Figaro Magazine, la lauréate a également reçu un chèque de 8 000 euros.

Stéphanie Sinclair remporte la 13ème édition du Grand Prix 2008 CARE International du Reportage Humanitaire parrainé par Sanofi-Aventis, pour son reportage sur l’excision en Indonésie ainsi qu’un chèque de 8000 euros.

Les Visas d’Or de la Presse Quotidienne récompensent les meilleures photographies de l’année parues dans un quotidien de la presse internationale. Le sud-africain Brent Stirton de l’agence Getty a été récompensé du Visa d’or Magazine pour son reportage réalisé pour Newsweek et National Geographic Magazine dans le parc national des Virunga en République démocratique du Congo. La photographe américaine Mona Reeder a reçu le Visa d'or presse quotidienne grâce à son reportage sur la pauvreté au Texas dans le Dallas Morning News.

Pour plus d’information :

Visa pour l'Image - Perpignan Association
Téléphone: (+33) 04 68 62 38 00
Site web: www.visapourlimage.com
Email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Hôtel PAMS
18, rue Emile Zola
66000 Perpignan
France

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Céline Tabou
Evènements, Asie
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