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Voyage en Corse II

Voyage en Corse II

Partie II
par Adeline Foray



Mercredi 05/05

Aujourd'hui c'est le grand jour !... On fait notre lessive ! Malgré un ciel gris et maussade on se décide à faire notre lessive, faut dire qu'on a plus rien à se mettre, en plus moi qui ai passé quatre mois à préparer des listes de ce qu'il fallait emmener pour chacun j'ai carrément oublié de prendre un 2ème pantalon ! Résultat depuis le début, je me trimballe avec le même jean qui, à force, est devenu jaune !!!

On s'installe sur le quai tour à tour pour faire les 15 kg de linge, à la main, au savon de Marseille ! On y passe quasiment la journée ! On essaye de faire sécher sur le bateau mais chaque fois que l'on installe le linge il se met à pleuvoir (encore un coup des nationalistes corses !). Bref, au bout de la troisième tentative et après avoir tenté de le faire sécher à l'intérieur du bateau (3m2 habitables c'est idéal pour mettre un étendage !), on part à la recherche d'un lavomatic tout en emmenant en même temps les gamins à la bibliothèque municipale. Je m'arrête avec les enfants à la bibli pendant que Xavier continue avec son énorme sac poubelle sur le dos (contenant tout notre linge) à la recherche du soi-disant "lavomatic". Dix minutes après je le vois revenir avec le gros sac qui n'a pas l'air bien sec ! En fait c'était un pressing où ils te repassent tes p'tites culottes ! On en demandait pas tant, surtout que tout finira en boule au fond du bateau ; bref, ça ne vaut pas le coup !!

Si on osait, on demanderait à la bibliothécaire si elle n'a pas par hasard, un sèche-linge et si par hasard, elle n'aurait pas envie de mettre notre linge dedans… Mais elle a pas trop la gueule à ça, donc on n'ose pas !

Retour, toujours sous un temps maussade et pluvieux au bateau. On mange tôt et dodo tout dépités… et si notre linge ne séchait jamais ?

Même le poisson que l'on termine a un goût d'amertume… bon faut dire qu'au bout du 3ème repas identique, ça commence à dégoûter un peu !


Jeudi 06/05

Petit dej ! Oh vite, vite, il fait beau, vite je vais étendre le ligne, youpee ! youpee!

Ça fait pas deux minutes qu'il se met à pleuvoir ! Et le ciel est quasi bleu sauf un nuage au dessus de nous ! Ah là j'vais poser des bombes, moi !

Finalement ça daigne se découvrir après que j'ai fini de créer un étendage compliqué au dessus de nos têtes à l'intérieur… enfin plutôt dans nos têtes. Déjà que se déplacer à l'intérieur, c'était pas de la tarte, mais alors là, ça relève du championnat de boxe, coups et blessures !

M'enfin, on n'en est plus à ça prêt… Notre petite vie à l'intérieur est maintenant bien rodée (météo oblige.. greugreu..!). Pour manger c'est chacun à une place, et une fois que la table est mise plus personne ne bouge (sous peine de se démettre une côte, se prendre un coup sur la tête, se coincer le pied sous l'escalier… etc.). Bien sûr, Elodie et Théo choisissent en général ce moment là pour demander le seau pour faire pipi ! (Exclamation de joie des parents !). Le seau en question, qui normalement est rangé sous l'escalier, peut être accessible par une seule personne… mais si par malheur il n'est pas rangé là, il faut alors s'extirper de la table au risque de se démettre quelque chose et escalader jusqu'à la sortie avec le plus d'imagination possible pour arriver à s'en sortir vivant.

Bref une fois que ces messieurs-dames ont fait leur trois petites gouttes, on se remet à table… après il s'agit de redéfaire tout, reranger la table à sa place sinon on ne peut plus bouger… mais alors, par contre, ce qui est génial, c'est que quand on enlève la table, dans la seconde qui suit, on a l'impression d'avoir un espace immense !... Malheureusement, ça ne dure qu'une seconde et "paf" un coup sur la tête : encore le bitoniau de Xavier, et on a complètement oublié cette impression !... Une fois la table rangée, mission : rhabiller les enfants… alors là on a pas mal progressé. Au début, on mettait le bateau sens dessus-dessous  pour retrouver une chaussette, une culotte, maintenant à peine les pyjamas sont enfilés que leurs affaires sont rassemblées et stockées dans un endroit sûr !

Et puis après, quand le temps est hostile à notre venue sur le pont, on s'organise autour de dessins, jeux, et quand on en a marre… hop ! Les enfants jouent tous les deux à l'avant, pendant que les parents commencent l'apéro !

Eh oui l Le temps passe vite : déjà l'heure de l'apéro ! Allez on ressort la table, ce qui à chaque fois nous provoque des douleurs lombaires succulentes ! On en redemande ! D'ailleurs, on se bat presque pour aller chercher cette put.. de table ! C'est moi, non c'est moi ! Non c'est moi.. Bon, bon d'accord c'est toi ! Niak niak j'lai bien eu !

Le repas et le dîner se déroulent de la même façon et l'après-midi en gros pareil…

C'est sûr que par rapport au programme mer, soleil, plage qu'on avait envisagé, ça parait un peu décevant… Meuh non, pas du tout, voyons, pas du tout ! On a les boules gonflées à bloc, à part ça "tout va bien mme la marquise" (chanson de H. Tempête, cf plus haut).

Bref, j'en reviens à la journée en question, il s'est quand même mis à faire beau avec l'arrivée du coup de vent d'Ouest, mais maintenant que l'on a connu le vent + la pluie, on est vraiment tout content de n'avoir que le vent+ le soleil !!!

St Florent ressemble soudain aux cartes postales qu'on a vues dans les magasins et l'on retrouve un sourire digne de ce nom !

On batifole toute la matinée avec notre linge quand soudain j'entends un chien aboyer sur l'autre panne et un attroupement de gens. Je regarde : il y a un chien visiblement en train de se noyer dans le port et les gens devant ne font rien !

J'appelle Xavier, qui je sais ferait n'importe quoi pour sauver un chien, et le voila parti avec une gaffe pour essayer de sauver c'te pauv'bête. Depuis Gwendolyne je n'entends que les commentaires des gens autour, je n'arrive pas à voir ce qui se passe. Théo et Elodie aimeraient bien savoir plus aussi… Au bout d'un moment, on voit un zodiac sortir pour tenter de récupérer le chien, qui visiblement, ne veut pas s'approcher du bord : Le chien est finalement hissé à bord du zodiac et tandis qu'ils le ramènent à bord, il ressaute à l'eau ! Les gens le rechoppent et cette fois-ci le maintiennent à bord !

Bizarre ce chien ! Xavier revient content que le chien soit sauvé et excédé contre ces "cons d'allemands" qui regardaient sans rien faire le chien se noyer !

Après cette aventure, on part se promener, avec notre seau et notre épuisette (on sait jamais des fois qu'un barracuda se jette sur nous !)

Le long des quais, on trouve cinq petits poissons dont trois ont failli mourir de peur ! On a donc relâché tout ce beau monde assez rapidement, et continué notre balade jusqu'au bout de la jetée… Et là qui c'est que l'on retrouve : notre fameux chien de ce matin… D'après ce qu'on a compris à la capitainerie, personne ne sait à qui il est ce chien ! On lui fait des caresses et des papouillles, faut dire qu'il est vraiment sympa. En plus c'est un labrador, exactement comme je veux !

Dis Xavier tu crois que ?... Ah non, hein, tu vas pas nous ramener un chien à bord, tu crois qu'on est pas assez serrés comme ça ! Oui c'est vrai t'as raison mais il l'air tellement sympa et puis c'est exactement un comme ça dont je rêve !

Xavier se sent tout chose, et je sens bien qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour le faire craquer… Quand tout à coup alors que je me penche pour chercher des crabes, le chien… vous avez deviné la suite… se jette à l'eau !!

Alors là c'est fini, mes rêves se brisent, j'entends Xavier qui gueule "ah en tout cas pas celui-là hein, sinon on pas fini de faire des manœuvres de "chien à la mer !!""

Bon c'est vrai qu'il a raison mais peut-être qu'il s'habituerait à nous !

Bref nous voilà repartis à essayer de repêcher un chien qui cette fois s'élance vers le large à contre-courant en avalant la moitié de la mer à chaque aboiement !!

Une fillette arrive et nous explique tout en essayant de rattraper aussi le chien, qu'il a sûrement été abandonné par des gens en bateau qui sont repartis sans lui !.. J'en ai le cœur brisé pour ce pauv'chien, Xavier aussi d'ailleurs qui part de plus belle à la rescousse du chien… Je suis de loin les péripéties avec les deux enfants qui appellent papa et qui demandent si le chien a coulé ! Quelle horreur ! Après avoir bataillé trente minutes dans le vent, sur la jetée à essayer de faire venir le chien, Xavier a soudain l'idée lumineuse de proposer le sac de céréales au chocolat (destiné au goûter des enfants) au chien (… Crise d'Elodie : "C'est à moi, c'est à moi !)… Et voilà ce bon toutou qui fait demi-tour et qui vient vers son maître en remuant la queue !!

Xavier et la petite fille ramènent le chien en le tenant en laisse, on ne sait jamais. La tante de la fillette travaille à la SPA et on décide de l'appeler pour aviser.

On emmène le chien, la petite fille et nos deux gamins au bateau et pendant que le chien vide notre stock de biscottes, de sucre et tout ce qu'on trouve (les gamins râlent, déjà qu'il a bouffé toutes leurs céréales, faudrait pas en faire trop, sinon vont plus être copains !) la fille appelle sa tante qui lui répond que de toute façon elle n'a plus de place au refuge !

Oh ben on peut quand même pas le laisser dehors, il va finir par se noyer ce pauv'chien, et si on le prenait juste pour une nuit, histoire de voir venir…

Finalement Xavier, la fillette et "Médor" vont attendre la tante devant la pharmacie qui doit essayer de trouver l'identification du tatouage du chien. A bout d'1h1/2 je commence à m'inquiéter de ne pas voir revenir Xavier, je m'apprête à appeler "sos homme perdu" quand j'aperçois mon Xavier tout seul devant la pharmacie avec à ses pieds son fidèle compagnon !! Ca y est, il se l'ai fait refiler !!

Je suis toute contente quoiqu'un peu angoissée car depuis que j'ai vu tout ce qu'il bouffait, je me suis dit que c'était finalement pas une super idée au niveau du budget !!

Mais non, en fait Xavier attend la tante qui doit repasser avec l'identification, entre temps la petite fille a été récupérée par sa mère… Bref, ça sent le coup monté !!

Xav attend encore 1/4h puis finalement se décide à revenir au bateau… en relâchant le chien !!  Je suis un peu déçue mais finalement pas trop quand même, surtout quand on réinstalle la table, c'est vrai où c'est qu'on le mettrait ce chien !!

Le soir pour fêter cette journée bien occupée (eh oui ça se fête de nos jours !) on se paye le luxe d'un reste : pizzeria super bonne et en plus y a la télé, les enfants sont scotchés !

Pendant l'attente de Xavier et pour occuper les enfants on avait préparé de la pâte à crêpes qu'on avait mise dehors…

Bien sûr Elodie a mis le pied dedans en rentrant le soir !! Demain matin, on aura un joli pont marbré !


Vendredi 07/05

Bon ce matin, y'a pas à tortiller il va falloir quand même y passer… les courses ! Après avoir mangé les quelques crêpes sauvées de la catastrophe, on part plein de bonnes résolutions au SPAR. Oh ben tiens la place a l'air abritée, et puis oh ! comme c'est curieux il y a un café à c't'endroit là !! Oh après tout on peut bien s'offrir une pause ! On s'arrête donc boire un coup… une pression s'il vous plait !

Quelle heure il est ? Si ça se trouve, il est 9h du mat, vont pas tarder à appeler la DDASS si c'est le cas !!

Non en fait, il était largement l'heure de l'apéro car à force on a failli ne plus pouvoir faire nos courses, le magasin fermant à midi et demi et nous on s'est pointé à midi 25 !!

On prend le strict minimum histoire de ne pas casser notre budget et on file se faire une salade avec nos trois tomates et une boite de maïs… On met la table, je pose la salade sur la table et là je tente de déplier la 2ème rallonge mais au lieu de ça… je replie la 1ère… Résultat : paf, la salade par terre !! Oh ! Les boules !!

"Et pourquoi maman elle a mis la salade par terre??", "oh bêtise, maman?"… "vos gueules les mômes, c'est pas le moment !"

Bref on recommence la salade après avoir nettoyé le carnage (encore heureux que c'est pas les enfants qu'ont fait la bêtise ils se seraient fait sacrément engueuler !!)

Et je screugneugneuscrontch grogne sur le budget qui vient d'atterrir par terre !!

Après ce frugal repas on appelle Emmanuelle et Fred qui nous annonce une super mauvaise nouvelle : ils ont cassé leur voiture achetée mercredi (cassée mercredi ! … les boules !). Du coup mon histoire de budget me semble soudain déplacée et on se sent tout triste avec Xavier pour leur malheur : on essaye de cogiter à des solutions mais évidemment y en a pas, notre seule suggestion est d'arnaquer l'assurance en changeant de contrat et en la mettant en tout risque… mais bon faut bien reconnaître que c'est pas génial… On est tout penauds et eux c'est bien pire !!

Pendant qu'on cogite à tout ça nos "chérubins" nous en préparent une bien bonne : j'entre dans "leur chambre" pour voir si leur sieste se passe bien et là je commence à voir des bouts de matelas un peu partout… J'ai le cœur qui s'accélère et la fumée qui monte au-dessus de ma tête... et plus j'approche plus il y a des gros morceaux… et là PATATRAS Théo Elodie confortablement assis autour d'un énorme trou qu'ils sont en train de creuser dans le matelas à pleine main !!

Ce n'est même plus de la fumée, c'est un incendie qui sort de ma tête ! Les charmants chérubins sont éjectés avec une fessée chacun (et plein de gros mots !!) pendant que je constate avec Xavier l'ampleur des dégâts !! J'entends Elodie pleurer "aie mes fesses" Faut dire que là tu l'as cherchée ma cocotte !

Le matelas a un trou de 15 cm de diamètre en plein milieu de la couchette! Y'a pas à tortiller il va falloir réparer ça si on veut continuer à dormir tous les quatre à bord!

On répare ça comme on peut en refourrant la mousse arrachée et en refermant avec une bande velcro… Après-midi couture pour refaire les housses… Les enfants se sont endormis comme des masses à l'arrière. "Que d'émotion" … Ah les saligauds ! Fin de journée sans rien de particulier à raconter !


Samedi 08/05

Y'a un vent de folie qui vient de l'ouest (ça change un peu !) mais par contre du coup il fait beau… C'est toujours ça de gagné.

On attend des nouvelles d'Emmanuelle et Fred et après être tombés sur leur répondeur, on n'ose plus appeler, se demandant ce qui a bien pu leur arriver encore !

Vers midi on est en plein repas quand Elodie réclame à faire pipi ! J'accède donc au seau à l'extérieur après avoir enjambé la table… et là "je sens" la présence d'Emmanuelle et Fred... je ne saurais l'expliquer mais je me mets à les chercher du regard sur le port… quand soudain une voix bien familière m'appelle ! Et oui, c'est Emmanuelle juste en face de moi sur une panne !

Ils arrivent à bord dans les cris de joie des gamins ! Un peu après quand je leur raconte que j'ai senti leur présence, Fred dit avec un sourire sarcastique entendu en direction de Xavier, "oui, on sait on ne s'est pas lavé depuis quelques temps"… "Mais non, mais je vous jure… etc." "Mais oui, mais oui… (elle est gentille..)"… Bref, screugneugneu..

Après avoir fini le repas dans l'agitation des retrouvailles (les gamins ne décollent plus d'Emmanuelle et Fred !), on part chacun de notre côté pour une bonne sieste bien méritée…

Vers 5 heures, ils reviennent nous chercher pour nous emmener dans leur superbe palace ! Petite villa qu'ils ont louée avec un immense jardin et Oh Merveille ! :

-une télé (youpee les enfants !)

-un lave-linge (youpee les parents !)

-+ bien sûr tous les petits détails de la vie : draps, linge qui sent bon (ou alors c'est nous qui sentons vraiment mauvais !), terrasse ombragée, cafetière… etc.

On a prévu de passer la soirée avec eux et de dormir la nuit. On est tellement bien que l'on dormira même deux nuits !! Ah une fois qu'on a repris goût au luxe, c'est dur de s'arrêter!!


Dimanche 09/05

On téléphone quand même à la météo histoire de se donner une bonne excuse pour devoir rester chez nos hôtes, enchantés d'être squattés alors qu'ils se préparaient de charmantes vacances en amoureux ! Mais pour les consoler on leur prépare le repas, salade le midi et barbecue le soir… On était même prêt à passer le balai, faire leur linge, leur frotter le dos, bref n'importe quoi pour passer une nuit de plus dans ce confort !


Lundi 10/05

On redécolle dès le matin pour balade en bateau à quatre, avec rendez-vous à 17h à l'anse de Fornali pour prendre en bateau-stop nos deux amoureux (ah, enfin un peu seuls !).

Après avoir passé la matinée et la sieste à l'anse de FiumeStanto (très jolie) on part pour arriver avec une précision qui ne nous ressemble guère à 17h à Fornali… Là on attends un peu nos jojos et un énorme orage qui est en train de se former au dessus de nos têtes.

Une fois qu'ils arrivent on commence d'abord par débarquer tous les 4 pour les rejoindre sur une petite plage afin de prendre l'apéro…  Une fois à terre, on décide que, non finalement ça serait mieux de remonter à bord tous ensemble (j'vous raconte pas les allers-retours en youyou !!). En plus sur la plage, y a un couple qu'a osé poser sa tente juste à l'endroit qui aurait convenu à la nôtre (le but de la soirée étant de se faire un barbecue au feu de bois, de dormir dans la tente pour les uns et dans le bateau pour les autres)… Bref après avoir cogité pendant 1 heure sur "est ce qu'on reste là, est ce que l'on va se prendre l'orage, est ce qu'il vaut mieux monter la tente tout de suite, est-ce que ça vaudrait pas mieux de commencer par l'apéro ? Est-ce qu'on va ailleurs… Avec tout ça, il est 18h30 et il est temps de se décider !! Allez on part à la plage du Lodo en priant pour qu'il ne pleuve pas ! On arrive là-bas à la nuit tombante, on débarque Emmanuelle et Fred et la tente, histoire de pouvoir la monter de jour, puis on envoie les enfants, puis 3 ou 4 allers retours de youyou pour amener toute la victuaille, enfin on débarque tous, pour se rendre compte alors qu'il fait déjà nuit et qu'on a oublié plein de trucs évidemment !

En plus à chaque arrivée on manque de tout foutre à l'eau à cause des rouleaux sur la plage… au dernier trajet ce sera Xavier qui passera à l'eau ce qui lui donne la chance de refaire un aller-retour pour se changer : content Xavier !!

Bref, le temps d'allumer le feu, etc, etc. Il est sûrement bien 10h passé quand on commence à manger… Ce qui est marrant c'est que les gamins ne s'étonnent même pas de tout ce remue-ménage… au cours de la soirée, l'alcool aidant on croit voir le bateau s'éloigner, ensuite on a l'impression que quelqu'un est monté à bord, y en a même qui voit des taureaux en colère partout sur la plage… Bref, une fois encore notre bravoure nous aidera à vaincre tous ces démons et l'on passe une merveilleuse soirée sous un ciel étoilé, au coin du feu… Paradisiaque…

Le retour sur le bateau s'avère trop risqué : vu tout l'alcool qu'on a bu, ça risquerait de faire une surcharge de poids pour le youyou (pauv' vieux ; c'est qu'on prend soin de lui, nous !).

"Alors la tente z'lai vu par là tout à l'heure… ben mince alors, pourtant z'suis zure elle était là…"

On finira tous les six dans la tente qui, heureusement, est bien grande ! (On avait prévu le cas de force majeure !).


Mardi 11/05

Réveil serein (tu parles, on n'a rien dormi) avec le bruit des animaux sauvages qui nous entourent… maman, j'ai peur !

Mais non c'est Elodie qui fait du bruit en frottant ses ongles contre le duvet ! Ouf, je m'étais imaginée des animaux sortis tout droit de la préhistoire, en train de creuser la terre sous notre tente pour venir nous dévorer tout cru à l'intérieur (Gasp ! quelle horreur !).

Ouf, ça y est ça va mieux, les premières vapeurs d'alcool commencent à s'évaporer de mon crâne alors que je sors de la tente !

A la tête d'Emmanuelle, je vois qu'on a vécu la même histoire, par contre celle de Fred devait être bien pire !

Le matin un troupeau d'animaux viennent s'installer à côté de nous, certains disent que ce sont des zébus (oui, oui, z'ai bu un peu trop !), d'autres des taureaux en ruts… Y a même des mauvaises langues qui disent que ce sont des vaches, eh oui, des vaches tout simplement ! "Ah za z'est zur c'est pas des vaches !"

Emmanuelle et Fred décident après un petit dej rapide, de dessaouler en marchant (ça leur fera pas de mal à ces saoûlons !) et partent à pied rejoindre leur voiture à l'anse de Fornali…

Quant à nous, on retourne à bord cuver notre vin en faisant une sieste bien méritée !!

Vers 4h de l'après midi, le vent s'étant levé, on décide de quitter le mouillage pour retourner sur St-Florent.

On part tranquillement avec un génois lourd persuadé d'avoir affaire à une bonne brise… En fait de bonne brise, on se paye quand même un bon 5 avec rafales à 6 qui nous fait craindre un peu de panique du côté de nos loupious… Pensez-vous ! A chaque vague ils explosent de rire et crient "encore tobbogan"… C'est une bonne nouvelle !

Au bout d'une heure à être valdingués dans tous les sens à l'avant, ils commencent à s'impatienter, du coup je leur installe les couchettes arrières avec les bâches anti-roulis. Ils réclament leur goûter, je m'apprête donc à leur servir des gâteaux quand je sens tout à coup un liquide chaud qui me tombe dessus…

Eh oui, les joies du mal de mer commencent : Elodie 1ère ! M'enfin elle ne pleure pas et une fois son "forfait" accompli, reprend ses jeux avec Théo : à savoir qui sautera le plus haut à la prochaine vague ! Pour ma part, je ressors de la cabine constellée de vomi sous le regard amusé de Xavier !

On arrive à St-Florent sans encombre et on est bien content de passer la nuit à l'abri !


Mercredi 12/05

Aujourd'hui rien de spécial en vue, si ce n'est un resto prévu ce soir et peut être les courses… Le temps est maussade, voire pluvieux… Vers 16h Emmanuelle et Fred qui reviennent du Cap Corse nous proposent de nous laisser leur voiture pour aller faire les courses à Bastia. Les enfants ont vite choisi entre les courses et aller avec Emmanuelle et Fred chez eux…

On part donc en "célibataire", en voiture ! Ca nous fait tout drôle ! On en profite pour admirer le paysage (que l'on avait pas franchement le temps d'apprécier en taxi !). Nos courses sont deux caddis archi super pleins… ah ben tien pour une fois ça vaut le coup de donner la carte Super U, histoire de se faire un max de points… La caissière nous remballe gentiment en nous rappelant qu'on est au Géant Casino ici et pas à Super U !! Oh crotte alors, ça marche jamais ces cartes !

Le soir, on abandonne l'idée resto contre un bon poulet à la maison !! Ah ! dormir dans des draps !


Jeudi 13/05

Après un petit dej tranquille et sportif aussi (badminton) on repart au bateau pendant qu'Emmanuelle et Fred vont à l'Ile Rousse. On va faire une petite balade dans le golf de St-Florent… enfin moi j'ai pas vu grand-chose de la balade vu que j'ai roupillé tout le long.

On s'arrête à la Tour qui est absolument magnifique comme mouillage puis on repart vers 5h30-6h. Eh là, oh ! les gros malins que l'on est ! On vient de repérer un rassemblement de mouettes très très louche ! Hop on fonce droit dessus avec notre traîne sortie, prêts à foncer sur le premier barracuda qui sort !

Ouh là mord, ça mord … Bon d'accord, ce n'est pas un barracuda, c'est une sardine ! M'enfin le principal c'est que ça se mange ! On repasse quatre ou cinq fois dans le banc de poissons, ça frétille de partout… Avec notre tactique et notre organisation infaillible Théo et Elodie au repérage, Xavier à la manœuvre et Adeline à la pêche, on arrive à pêcher cinq belles sardines… Slurp ! slurp !

Et encore on a été obligés d'arrêter sinon on en aurait au moins une centaine !! Mais bon, on avait rendez-vous avec Emmanuelle et Fred à St-Florent pour un resto et il était déjà 19h!

Donc adieu veaux, vaches, poissons, on s'en va manger au resto !

Soirée tranquille (enfin presque Théo et Elodie intenables !!) et gros dodo !


Vendredi 14/05

On attend Emmanuelle et Fred pour une sortie familiale avant leur départ ce soir (les pov!)

On quitte St-Florent vers 11h, direction la Tour, c'est tellement joli ! On se fait un p'tit taboulé accompagné de sardines fraîches grillées à la poêle. On se dit qu'on pourrait largement organiser des sorties à la journée pour les touristes du coin (il suffit de tomber sur un banc de sardines la veille, prévoir un étage supplémentaire au bateau pour stocker les touristes et voilà c'est BINGO ! Et qui c'est-y qui s'en met plein les pognes ? C'est pas nous, c'est pas nous (sur l'air de "qui a peur du grand méchant loup").

Bref, on rêve, on rêve, et le temps passe et nos deux "touristes" du moment ont un bateau à prendre ce soir, s'agirait pas qu'ils le loupent, ils risqueraient de nous faire de la mauvaise pub !

Retour à St-Florent à 16h45 (presqu'à l'heure), Emmanuelle et Fred débarquent rapidement, on se quitte à regret après tous ces bons moments passés avec eux !

Pour nous il s'agit maintenant de faire le plein d'essence, remplacer le système d'attache de l'ancre qui l'empêche de bien s'ancrer et payer des glaces aux enfants !

Le temps de faire tout ça il est déjà 19h quand on repart du port. On voulait se mettre à l'ancre vers la Tour, histoire d'être sur la route de Calvi (notre programme des prochains jours) mais entre temps le vent s'est levé et il va falloir lutter un peu !

Working Jib, grand voile avec un ris et nous voila partis pour Fornali (le plus proche). On arrive à Fornali pour ma part largement assez fatiguée, on pose l'ancre… Je craque littéralement en fondant en larmes tellement je suis crevée et affamée… Xavier prend les choses en main, il me fait à manger, me console ("mais oui t'es gentille") me redonne confiance en moi et enfin me couche avec un gros bisous sur le bout du nez… Bonne nuit mon capitaine !


Samedi 15/05

La recette de Xavier pour me remonter a très bien marché et me voilà de nouveau prête pour de nouvelles aventures. On part donc de bonne heure en direction de Calvi. Vers midi on se trouve en face de la plage de Saleccia mais on ne cède pas à la tentation de s'y arrêter malgré la beauté du site et on continue notre longue route ! On a repéré sur la carte et dans le bouquin qui nous sert de guide une anse qui à l'air assez abritée pour passer la nuit… On fait donc de savants calculs pour tomber pile poil dessus. Bien sûr pour compliquer un peu les choses, on a le vent dans le nez. M'enfin, en vieux marins bourlingueurs que l'on est, c'est pas ça qui va nous troubler dans nos savants calculs…

Bref, au bout de quelques heures de navigation, on aperçoit enfin l'entrée de la fameuse anse (Mafalcu de son nom), on tire des bords à n'en plus finir et on passe enfin le promontoire escarpé qui nous cache l'entrée… A ce moment là, par souci de modernisme, je me sers du GPS pour vérifier le cap que l'on fait sur l'entrée de l'Anse et là.. Ah ! Ah ! Surprise… Le GPS indique que l'anse est à deux milles… derrière nous !! Alors évidemment au début, je me dis " et voilà ces conneries de GPS ça ne marche jamais !"… mais bon quand même après j'ai un doute et finalement mon doute se confirme quand je sors pour observer le paysage et que je vois derrière ce fameux promontoire une immense baie qui s'étend jusqu'à l'Ile Rousse, et qui n'a rien à voir avec la fameuse anse que l'on recherchait (Mafalcu, mon c.. !).

Bref, bref, nous voilà face à la limite de notre génie en savant calcul, mais bon y'a qu'en faisant des erreurs qu'on apprend ! (en tout cas ça console !).

Nous continuons donc notre route comme si de rien n'était en se disant que finalement puisque l'on avance si vite, on n'a qu'à aller jusqu'à l'Ile Rousse.

Aussitôt dit, aussitôt fait (enfin presque) et l'on profite du mouillage sur coffre devant le port de l'Ile Rouse. Comme on arrive vers 17h, personne ne vient rien nous dire et on se passe une soirée bien peinards tout content de notre longue route du jour !


Dimanche 16/05

A 6h45 on est réveillés et frais comme des gardons et bien sûr tout prêts à user de nos ruses de sioux pour ne pas payer le mouillage de cette nuit ! On appareille donc sous voile en profitant de la petite brise du matin, en silence, douceur et doigté, nous voilà de nouveau sur notre longue route… D'ailleurs finalement, tout ça nous a beaucoup éprouvé, on se repose donc à l'ancre quelques mètres plus loin, dans les rochers de l'Ile Rousse… Grandiose au soleil levant… Les enfants se réveillent à ce moment là pour un petit dej fort joli dans ce site ! (Le soleil vient de se lever… encore une belle journée avec l'ami Nescafé, lyophilisé dégueulasse !).

On repart tranquillement pour la suite, on a repéré une anse qui a l'air sympa entre l'Ile Rousse et Calvi… Mais cette fois-ci on fait gaffe !! On scrute le rivage aux jumelles pour ne pas la louper ! Eh, eh c'est qu'on est des vieux loups de mer, maintenant !

Donc, grâce à notre sérieux sur ce coup-ci, on arrive comme des fleurs dans la jolie petite anse de Vignola où l'on débarque même en canoë sur la plage… Il est 10h du mat', on a largement le temps de continuer notre longue route !

Après avoir passé deux heures sur la plage, on se fait un p'tit pique-nique à bord en se régalant d'avance de la bonne sieste qui va suivre ! Oh Dommage ! Ils annoncent un vent d'ouest assez fort pour l'après-midi ! Nos rêves de sieste s'envolent et l'on se prépare à en baver pendant au moins trois heures avant d'arriver à Calvi…

On part donc après avoir couché les gamins pour la sieste (bande de veinards, va !) Dès le départ, on est obligé de prendre un ris dans la grand-voile, avec un "Working Jib" à l'avant… ça s'annonce pas terrible !

En moins d'une heure, les petits coussins que j'avais laissé sortis pour le confort de mes petites fesses (oui, petites, pourquoi ?) sont complètement trempés (les fesses aussi d'ailleurs). Au bout de deux heures, on se décide à réduire le Working Jib, on prend donc un ris dedans… Ca se gâte … Au bout de 2h30, on se décide à s'habiller en conséquence (combinaison, veste de quart)… On rassure tout le monde : on avait déjà les gilets autogonflants sur nous avec la longe !

On a de la chance, les enfants ont finalement réussi à s'endormir après avoir chahuté un peu. On arrive en vue de Calvi et on se dit "Chouette à partir du prochain CAP (la Pointe Spano) ça sera plus abrité car on rentrera dans la baie de Calvi… Tu parles ! Encore une fois les vieux loups de mer se sont avérés être de jeunes louveteaux… On passe le cap en remontant au maximum près du vent, on le passe d'ailleurs de justesse, mais on le passe quand même, mais après ça se gâte encore plus au niveau du vent… Au lieu de faiblir comme on le pensait, il devient de plus en plus fort… On reste malgré tout avec la même toile en se disant que l'on ne devrait plus en avoir pour trop longtemps et le bateau remonte vraiment très bien…

Au bout d'une dernière heure un peu plus pénible, on arrive enfin devant le port de Calvi qui s'avère n'être plus du tout abrité dans l'entrée. On en bave comme des malades pour arriver à se mettre au premier quai que l'on trouve… (avec évidemment le moteur qui ne voulait pas démarrer au moment voulu !)… Ca ne fait pas 5 min qu'on est arrivé, et pas encore remis, qu'un gars de la capitainerie vient nous voir en nous faisant aimablement comprendre que là c'est le quai pour les gros bateaux… Mais bon il est quand même sympa, il nous le laisse le temps de nous remettre pour changer de place. Ouf ! De toute façon pour l'instant, pas question de bouger !

On part boire un coup et on se marre bien en voyant que sur le quai où l'on est il n'y a que d'énormes voiliers de 14 m et Gwendolyne, là au milieu, fait vraiment crotte de bique ! Un couple vient nous voir sur ce quai pour nous dire qu'ils ont admiré notre bateau au passage du cap.. "il remonte vraiment à merveille, au passage du cap, magnifique!" .On se rengorge et on glousse de plaisir même s'ils n'ont pas parlé de vieux loups de mer, on prend quand même ça pour nous, on en laisse un peu pour le bateau qui l'a bien mérité aussi)!

On s'en retourne au bateau pour le changer de quai, on a repéré une place plus dans nos proportions, et en plus y a un gars sympa d'un bateau à côté qui nous assiste pour la manœuvre.

Une fois à notre place, Xavier décide de fêter tout ça en nous emmenant au restaurant… Quelle bonne idée !

On se régale d'un méga steak… Elodie en faisant un peu trop la folle sur sa chaise, se casse la figure et pleure, pleure, pleure, jusqu'à ce que le serveur lui fasse cadeau d'une jolie peluche… Ca a pas loupé, cinq minutes après c'est Théo qui pleure, pleure, pleure, dans l'espoir d'un cadeau pour lui aussi ! Mais non, y'en a plus !

On repart du resto imbibés d'alcool et de fatigue avec une Lilie toute contente et un Théo tout ronchon ! ("screugneugneu, c'est pas juste").


Lundi 17/05

La météo annonce pas mal de vent (d'ailleurs hier, elle annonçait un avis de vent frais que l'on n'a pas eu en VHF). Du coup, ça nous donne une excuse pour rester au port se reposer un peu. On se prend une douche (gratos car on ne sait pas pourquoi la notre marchait sans jeton… ouah ! La bonne affaire !). Evidemment les enfants hurlent dès qu'il s'agit de se laver les cheveux. Quand on ressort de la douche, les gens nous regardent de travers, l'air de se demander ce que l'on fabriquait là dedans ! Merci les enfants !

Après-midi sieste puis médecin pour Elodie qui a un impétigo sur la joue pas joli, joli… M'enfin, apparemment le médecin nous rassure, ça n'est pas bien grave ! Soirée pizza et dodo !


Mardi 18/05

On part après avoir payé le port : une nuit au lieu de deux ! Et vive l'informatique qui se plante ! On est tout content ! (Il nous en faut peu en général) 16,50 € d'économie, ça commence à faire (mieux que les 2,5 € de la douche).

On se met à l'ancre à l'anse d'Algue juste un peu avant le sémaphore de la Revelata. C'est magnifique et notre ancre est bien accrochée, là encore, on est contents car ils annoncent un peu de vent pour la soirée. Par acquis de conscience, on rajoute une deuxième ancre pour le soir.

Pendant la sieste des enfants, on part en youyou tous les deux (on entend déjà aller les commentaires "oh les parents indignes qui abandonnent leurs enfants) et l'on se choppe pleine d'oursins, enfin quatre en tout ! Excellents et bien pleins… slurp, slurp !

Les enfants se réveillent tard de la sieste et on passe donc directement au dîner, soirée crêpes !


Mercredi 19/05

Bonne nuit calme et réveil serein. On part à la plage tous ensemble en youyou et on passe deux bonnes heures de trempette dans l'eau encore fraîche (15-16°C). J'en profite pour repêcher quelques oursins encore délicieux !

Au retour le vent s'est levé et après avoir mangé, on décide de retourner au port car il y a une panne de gaz à bord ! Et pas de café à midi, passe encore, mais pas de repas chaud le soir, ça va pas le faire !

On lève l'ancre, enfin les deux ancres, dont l'une avec un orin (aurin ?) et on part avec pas mal de vent ce qui nous fait réduire la grand-voile assez rapidement. La remontée au port est toujours difficile avec des rafales juste avant ! Décidemment ce golfe de Calvi n'est pas vraiment bien abrité ! L'arrivée au port se passe quand même mieux que la dernière fois, pas de doute, c'est le métier qui rentre ! Contents les louveteaux !

On va directement aux courses avec les enfants. Au programme :

-bouteille de gaz

-sandales pour Théo (celles qu'il avait étaient franchement trop petites "ai ouille patatouille mes pieds !")

-et courses diverses…

-+ une riveteuse et des rivets car l'attache du premier ris sur la bôme a sauté

On revient avec tout ça et là on est face à notre problème d'attache de ris… Comment ça marche une riveteuse ? Aucune idée ! Et comment on fait pour repercer les trous ? Bref, on demande au gars sympa, qui nous avait assisté la première fois, une perceuse… Il me la donne pensant sans doute que je manie ces engins avec dextérité et doigté. Quand j'ouvre la mallette, je trouve un engin qui ne me rappelle pas vraiment les vieilles perceuses à papa que je connais… Au bout d'un moment, je me dis qu'il a du se tromper et que ça doit être une visseuse, dévisseuse. Je repars voir le mec qui justement arrive à ma rencontre avec des forets à la main… Ah ! C'était ça l'astuce ! Bref, en me voyant un peu dubitative devant sa perceuse, il m'explique le fonctionnement… J'en profite pour lui montrer le problème à bord et il a la bonne idée d'essayer pour vérifier que ça marche… IMPEC ! Comme ça j'ai pu voir comment on faisait !! Ensuite arrive Xavier qui était parti rechercher une autre attache, pensant que celle que l'on avait était foutu (les têtes de rivets étaient restées dessus et on arrivait pas à les enlever avec nos outils précaires). Le gars se marre en douce et nous dit que ça s'enlève en deux secondes à la perceuse ! Et là encore il a la bonne idée de nous montrer comment faire ! SYMPA le gars ! Là, je crois qu'il a enfin compris à qui il a affaire !  Il se tourne gentiment vers moi et me demande si l'on sait se servir d'une riveteuse ! Ah ben non, ça non plus ! Bien gentiment il m'explique tout le fonctionnement de A à Z si bien que nous voilà enfin parés pour réparer notre bateau !! On est tout contents d'avoir appris plein de choses et d'être tombés sur quelqu'un de compatissant !! Heureusement qu'il était là sinon je crois qu'on y serait encore ! Enfin, tout va bien, on tombe finalement souvent sur des gens prêts à nous aider !

On fête ça avec un bon apéro et un méga poulet au curry fait maison par Xavier ! Extra ! Les petits commencent à se faire connaître sur la panne et ils font du charme à tout le monde ! Elodie avec ses deux petites nattes fait craquer la dame d'en face (dame super guindée sur un méga super beau voilier).


Jeudi 20/05

On part d'assez bonne heure (tout est relatif, il est quand même 10h) et on peut enfin remettre le génois léger pour aller vers la Revelata. On tombe sur des bancs de sardines et on se prépare déjà à une super grillade pour notre déjeuner… Après avoir tourné en rond pendant une heure pour suivre les bancs de sardines avec toute notre tactique de la dernière fois, on arrive à embrouiller notre ligne, le génois et à perdre complètement la route… mais pas de sardines !! Oh et puis zut qu'elles aillent se faire foutre ces sardines, c'est même pas bon, y a plein d'arêtes et puis un sandwich au pâté Hénaff c'est tellement meilleur ! Et puis une fois qu'on tient la boite, qu'on l'a ouverte, on est assuré de manger quelque chose !

Une fois passée la Revelata on descend plus au sud vers la baie de Nichiareto. On se met à l'ancre avec un orin car il y a des gros cailloux partout et plein plein de chaîne, histoire d'être tranquille pour la nuite… Bien sur, à peine arrivés, je sors les lignes de pêche, le pain qui sert d'appât et c'est parti pour une méga pêche au gros… En 5 min, je sors un thon d'au moins 5 grammes, je propose à Xavier que l'on se fasse une petite friture… Bon pourquoi pas, l'aurait préféré du thon, même en boîte, mais bon il est gentil avec sa copine ! Donc me voilà reparti pour pêcher plein plein plein de petits poissons… Au bout d'une heure, j'ai dans mon seau toujours le même thon de 5gr et Xavier propose avec beaucoup de tact de le relâcher…

Fin de la pêche.

Pendant ce temps là, à côté de nous s'est installé un petit bateau d'où deux, trois, lascars n'arrêtent pas de pêcher de gros poissons ! M'enfin bon, faut dire qu'ils ont sûrement autre chose que le pain pour pêcher et qu'en plus eux ils sont mieux placés que nous et que de toute façon leurs poissons y sont pas bons et que pour finir c'est des gros connards avec un hord-bord qui fait du bruit… et toc !

Après ça et la bonne ambiance installée à bord, on passe direct à la sieste des gamins pour laquelle on lutte d'ailleurs un moment, mais bon on en arrive au bout quand même… Ah ! Les coquins !

Soirée avec un magnifique coucher de soleil dans la mer "mais pourquoi le soleil il va se baigner ?", "c'est parce qu'il a pris feu, mon amour, allez au dodo maintenant…"


Vendredi 21/05

La grande aventure recommence : on sort le youyou pour aller découvrir les terres inconnues sur lesquelles nous sommes arrivés. Nous sommes armés jusqu'aux dents : seaux, pelles, râteaux, masques, bouquins, serviettes, maillots, crème bronzage… la panoplie complète du parfait petit Christophe Colomb !

Après s'être battus à coup de rame contre les flots menaçants, nous débarquâmes enfin avec bien sûr le fond de culotte mouillé ! Théo et Elodie partent en quête de bâtons, cailloux et tout ce qu'il faut pour préparer un bon repas aux "algues de provence".

Adeline surveille le bateau, tâche importante et délicate, où l'astuce consiste à se trouver un coin au soleil bien confortable avec si possible les orteils dans l'eau, c'est important !

Quant à Xavier qui vient de découvrir que la terre est ronde, il se met en quête d'un galet bien rond, afin de peindre la terre dessus et ainsi apprendre à tous ces ignorants sa formidable découverte…

Bref, au bout de trois heures, chacun a fait le plein de ses ampoules, et on repart dans notre youyou chargé de branches et de galets ronds, de quoi faire 36 mappemondes (en réalité 4 dont un seul de rond).

Quand on rentre au bateau ainsi chargés, on se fait remarquer par tout un équipage de catamaran qui ont un air semi-admiratif et semi-inquiet !!!

A peine arrivés au bateau, le vent se met à souffler et on se dit qu'on l'a échappé belle car si on avait attendu quelques minutes de plus, on n'aurait pas pu rentrer au bateau (c'est comme ça qu'ils disparaissent les grands explorateurs !). On aurait fini avec les indigènes du coin, à bouffer des cochons sauvages et des châtaignes !... C'est pas le pire, c'est qu'on aurait pu finir comme eux ! ("oh Pas gentille maman !").

Bref après avoir mangé, on se tâte pendant trois heures à savoir s'il vaut mieux partir ou pas. Le vent souffle assez fort et on ne sait toujours pas si ce n'est qu'une brise ou si au contraire ça va se lever encore plus… L'ancre tiendra t'elle ou pas ? Le vent continuera t-il ou pas ? Va-t-il pleuvoir ou pas ? Bref ou pas ?

Finalement on laisse passer le gros du vent et on se décide à bouger vers 15h-16h. On part, prêts à affronter une mer déchaînée avec un ris dans le Working Jib… et au bout de cinq minutes, on se rend compte qu'en fait il y a "pétoles". On défait le ris mais ça ne suffit pas à nous avancer, on met le génois lourd et ça suffit tout juste à nous pousser un peu ! On se dit qu'on a quand même largement tendance à en rajouter quand on est au mouillage !

Des 40 nœuds estimés de vent, on passe à 4 nœuds en réalité… M'enfin, mieux vaut être trop prudent, se dit-on pour se donner bonne figure !

On repasse la Revelata dans l'autre sens (y en a c'est le cap Horn, nous c'est la Revelata) et on retourne vers l'anse d'Alga juste avant Calvi. On trouve un mouillage près des rochers ronds très jolis. De nouveau le vent se met à souffler et on se pose toujours les mêmes questions… Après coup on se dit que c'est sûrement une question d'habitude et que ça viendra avec l'expérience !

Adeline Foray


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