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Voyage en Corse V

Voyage en Corse V

Partie V : Suite et fin
par Adeline Foray

Jeudi 7 juillet 2004

Aujourd'hui, journée " farniente ". On se lève tranquillement pour un bon petit déj' au pain frais. On s'en va ensuite voir le point internet du port (1 euro/ heure, c'est exceptionnel). En route, on décide d'acheter du poisson aux pêcheurs locaux. On trouve une grosse vive d'un kilo pour 14 euros, c'est cher quand on pense qu'on aurait pu la pêcher nous-mêmes mais vu la chance qu'on a à la pêche, on préfère payer !!! On stocke notre vive dans la glacière et on repart donc vers " l'internet point " !!! On regarde d'abord notre courrier qu'on n'a pratiquement pas regardé depuis le début du périple, on découvre avec plaisir les premières publications sur Photophiles de nos aventures (ça fait tout drôle de se voir à la télé…quasi !) et l'album photo de Jérôme et Anne. Après ça on se laisse porter par les idées de voyage que l'on a eues la veille au resto (repas bien arrosé !). On hésite : Indonésie, Thaïlande, Canada, Antilles… On passe un moment à rêvasser devant les offres promotionnelles des sites " dernière minute "… On repart tout émoustillé en se disant que, ouaih, ce serait génial de se faire un voyage, histoire de changer un peu de moyen de transport… On rentre au bateau perdus dans nos rêves de contrées lointaines et là…. Qu'est-ce qu'on trouve posé sur le pont du bateau ? un billet d'avion pour les Maldives !... non c'est pas vrai ! non c'est pas vrai ! non mais quand même la surprise est de taille ; posée sur l'avant du bateau une énorme paire de jumelles, dernier cri, avec verre polarisé et tout et tout !!! Ben ça alors !  Elle a l'air d'être tombée du ciel cette paire de jumelles !!! On n'y comprend rien ! On commence à faire  des hypothèses abracadabrantes sur la provenance de ces jumelles : c'est quelqu'un qui les a oubliées (mais alors pourquoi sur notre bateau et pourquoi avoir laissé la notice avec !!!)… non ça paraît bizarre… c'est une publicité et y'en a probablement sur tous les bateaux, le commercial passe ensuite les récupérer en essayant de les vendre…mouaih, peut-être… on demande aux voisins.. non personne n'a eu des jumelles sur son pont… tiens bizarre… c'est une erreur de livraison…peut-être, mais c'est franchement bizarre, on est le seul bateau sur le quai de ce côté, les autres sont partis !.. Non décidément, y'a pas de doute, c'est le Bon Dieu qui les a oubliées là… à force de regarder les filles à poil sur les plages, çui'là, il en a perdu la boule !!!

On n'y comprend vraiment rien…alors on se dit que ce doit être un cadeau d'un inconnu (ce n'est plus " un inconnu vous offre des fleurs "… mais la nouvelle série " un inconnu vous offre des jumelles "…) Est-ce que c'est quelqu'un qu'on a failli couler avec notre bateau et qui nous fait passer un message ?… drôle de manière, plutôt enrichissante ! Est-ce que c'est quelqu'un qui a craqué sous le charme (il faut bien le dire irrésistible) de notre  petite famille et qui s'est dit " oh tiens, ceux là, ils ont bien mérité une paire de jumelles !.. " et qui une fois sa bonne action faite s'est éclipsé avec son mystère…peut-être…

Toujours est-il que nous voilà propriétaires d'une super paire de jumelles et que l'on en est pas peu fier, quelle qu'en soit la cause !!!

Après les stocks de nourriture récoltés à droite, à gauche, les couverts, les poissons, voilà maintenant qu'on passe à plus sérieux…

Va falloir qu'on monte une entreprise : " Récolte tout sans frais " ou " Géo fourre tout " ou

" A vot' bon cœur ! "

Bref la petite anecdote nous fait cogiter un sacré moment… le gars d'en face nous dit :  " surtout si on vient vous les réclamer, vous dites qu'elles sont tombées à l'eau ! " Oh, c'est pas joli ça…mais on y réfléchira !...Désormais quand on passe sur la panne on fait de grands sourires à chaque personne que l'on rencontre en se disant que c'est peut-être notre mystérieux bienfaiteur !!!


Après la sieste, écrasés de chaleur dans le bateau, on s'arme de courage pour aller à la douche. La veille, on avait réussi à n'utiliser qu'un jeton pour quatre, on est donc tout content de pouvoir s'en refaire une aujourd'hui. Allez, youpee, tout le monde à poil dans la douche, ah , ça va faire du bien surtout qu'on est tout collé de sueur… Une fois tout le monde sous le jet (il s'agit de ne pas en perdre une goutte !) j'enclenche le jeton …et…merde ! ça ne marche pas !! Ah non hein ! c'est pas possible ! Oh fait chier ! on tape, on cogne, on injurie la machine et on se rhabille furax… Xavier va voir la capitainerie, leur explique nos déboires… " Ah, ben oui, y'a une coupure de courant et du coup les douches ne marchent pas ! " scronch !scronch !... Du coup ils nous remboursent le jeton (enfin ils nous en redonnent un autre ) et l'on repart tout suant et puant au bateau….et là on s'attend presque à trouver une deuxième paire de jumelles, histoire de nous remonter le moral ; mais non, faut quand même pas pousser !!!

miam, miam et dodo tôt car bien fatigués .


Vendredi 8 juillet 2004


Aujourd'hui on reprend la mer. La météo n'annonce rien de particulier et l'on se sent de faire l'étape jusqu'à Bastia. On se lève tard, 9 h, mais ça ne fait rien, ça fait du bien une petite grasse mat'.

Vers 10h15 on est enfin prêt à partir et on largue les amarres, sans avoir eu plus d'explications pour nos jumelles… ma foi…

Le vent au départ est bien, il nous pousse à 4-5 nœuds et on est tout content…mais ça ne dure pas ! le vent tombe et l'on se retrouve  dans une mer chaotique avec une houle croisée du nord et du sud avec en plus les débouchés des rivières côtières…un vraie bazar.

On se fait ballotter dans tous les sens et le bateau recule plus qu'il n'avance. Du coup à 11h30 on enclenche le moteur que l'on garde pendant deux heures !!!   " teufteufteuf " pendant deux heures dans une houle merdique, c'est franchement l'horreur !!! mais encore heureux qu'on a le moteur parce que sinon ça serait encore pire !

Enfin au bout d'un temps qui nous paraît terriblement long, la houle se calme et le vent revient ! ouf !

On arrive finalement à Bastia vers 16 heures au port de Toga assez bizarrement foutu d'ailleurs et assez étroit…On nous case entre deux bateaux de notre taille et l'on est bien content pour Gwendolyne qui va avoir des petits copains à qui parler…

Quant à nous on est tout heureux de retrouver la grande ville ! On va pouvoir prendre le bus, aller au ciné, aller au supermarché ! bref plein de choses oubliées…Dépenser des sous, ça commence par le port 19 euros !  beurk !

On va faire un tour après la sieste pour voir les alentours, trouver un cybercafé, une agence de voyage…on revient bredouille, tout est fermé il est 19 heures.

Allez une bonne boite et un gros dodo !


Samedi 9 juillet 2004


Bon aujourd'hui faut qu'on se décide : Thaïlande, Indonésie, Canada, Antilles, Pérou, Népal… On part dès le matin à la recherche d'une agence de voyage. On est  samedi, la plupart sont fermées…ça commence bien…on cherche un guide sur les pays qui nous intéressent, mais mis à part la Corse, ils ont rien d'autre !!!

Finalement on trouve quelque doc sur l'Asie, tout ça pour voir que ce n'est pas la bonne saison : mousson ! et les Antilles idem… Quant aux ventes de dernière minute, c'est tellement cher, les prix, que ça nous laisse tout chose !

Bref, ce voyage, ça m'a l'air mal barré. On va se poser à un kebab, histoire de bouffer un truc pas cher…6 euros le kebab archi dégueulasse… voilà qui nous met de bonne humeur ! Déjà  qu'on ronchonnait pas mal ! Enfin heureusement après ça on a prévu le cinéma, on va voir shrek 2 ! Chic, chic, on est tout content de se retrouver dans un cinéma bien frais (le même ciné que quand j'étais gosse dis donc,  j'me rappelle on était allé voir bambi !!! snif, snif séquence émotion !)

On ressort du ciné tout ragaillardi, les enfants tout contents et en plus par bonheur on se choppe un bus pour rentrer au bateau…Ah, le confort des grandes villes !..

Il y a toujours un vent de cinglé au port ; déjà que ça avait soufflé toute la nuit et ça continue de plus belle. On ne peut même pas manger dehors sinon les assiettes s'envolent…d'ailleurs dans la nuit y'a un couvercle de casserole qui a disparu !


Dimanche 10 juillet 2004  


Ce matin la journée bastiaise commence par le marché aux puces sur la place Saint Nicolas.

C'est super sympa (sauf qu'on se prend des parasols qui volent dans tous les sens).

On est très raisonnable et on n'achète rien, par contre on prend deux petits chatons adorables qu'on ramène au bateau…oh vraiment y sont trognons, en plus c'était kado !...Non , c'est même pas vrai, on n'en a pas pris ! Pourtant j'ai lourdement insisté mais c'était les chatons ou Xavier, alors bon, après avoir hésité un bref instant, j'ai quand même gardé mon gros matou !

Les enfants ont même  droit à un tour de manège et puis retour au bateau…

Finalement pour le voyage, on se dit que ce serait peut-être pas mal de se faire… l'intérieur de la Corse en camping ! Beaucoup moins original mais tellement plus pratique et moins cher ! Et  en plus c'est sûrement mieux que la Thaïlande sous la pluie !


Lundi 11 juillet 2004


Toujours du vent, du vent, du vent ….ils annoncent du 8-9 au Cap Corse…bouh ! qu'on plaint ceux qui y sont ; les pauv' vont en baver, alors que nous, on bouffe, on picole, on dort, on prend 30 douches par jour (elles sont gratis alors faut rentabiliser !)…bref qu'est-ce qu'on est bien au port dans ces cas-là …

Courses le matin (encore 1000 balles … erk !) puis farniente toute la journée et enfin pour se remettre de nos émotions apéro à la bière corse et aux figatellis !


Mardi 12 juillet 2004


Allez aujourd'hui on part…hop hop  dans 30 minutes on est prêt…allez allez…

Petit déj', douche, dernières courses, gaz, essence… oh midi déjà ! bon allez on mange…on cause avec le voisin qui va vendre son bateau et qui du coup nous le fait visiter ! On doit avoir une gueule d'acheteur de bateau vu le nombre qu'on a visité depuis le début !... c'est un Dufour  3800, 150000F, l'extérieur est pas très beau mais l'intérieur très confortable…le gars part aux Antilles, du coup il se débarrasse de tout…et nous comme on est là, on récupère tout ; on repart avec une carte du shom du Cap Corse côté est, un gilet de sauvetage à la taille d'Elodie, une règle de Cras, une règle en T et les cadeaux Bonux : une planche à découper, une applique murale de lampe marine, un sifflet, des bonbons !! j'ai failli lui demander s'il n'avait pas un couvercle de casserole mais bon….

Bref on est très satisfait de nos cadeaux ! le monsieur aussi a l'air content que ça serve….Et c'est pas n'importe qui en plus ! c'est l'adjoint du Port de Bastia qui part en Guyane prendre le commandement des trois ports ! mazette ! Après tout il aurait pu nous donner son bateau aussi !

Après le repas on se fait une sieste parce que quand même on est fatigué… et puis voilà, après y'a des gros nuages menaçants sur les montagnes environnantes, du coup…eh ben on reste !!!

A demain le grand départ pour l'île d'Elbe ! Pour couronner tout ça, on va au resto parce que maintenant que c'est tout propre et tout rangé, on n'a pas envie de resalir.


Mercredi 14 juillet 2004


Avant même le petit déjeuner, on quitte le port histoire de ne pas payer la dernière nuit…. Avec notre bol on va recevoir la facture chez nous !!! La bonne surprise à la rentrée !!! M'enfin on n'en est pas là…On quitte le port cap sur l'île d'Elbe….vent dans le pif…scronch…on tire des bords, mais finalement petit à petit le vent tourne au nord et on l'a au près bon plein puis carrément travers….commence alors une longue traversée de 35 milles… et 10 heures !!!! Les gamins en ont marre à la fin et nous aussi…une fois arrivés à l'île d'Elbe, heureusement un bon vent se lève et nous permet d'avancer plus vite vers le mouillage qu'on a repéré….on n'a d'ailleurs pas vraiment  de carte du sud de l'île, on a seulement la copie d'un document de 1880 sur la géologie de l'île avec malgré tout les latitudes et les longitudes et les lignes de sonde….la bonne surprise c'est que les longitudes sont prises à partir du méridien de ….Rome !!!!Ah voilà qui change tout ! Je fais de savants calculs pour retomber sur mes pattes, je me plante évidemment et finalement à force de plantages et repérages je finis par resituer notre monde actuel !

Enfin bon, l'essentiel c'est que nous voilà à l'ancre dans une immense baie, devant un joli petit port …et une plage…blindée de monde !!! C'est pire que la côte d'Azur !

M'enfin de toutes façons, on est fatigué, on n'ira pas plus loin aujourd'hui ! Allez on emploie nos dernières forces à gonfler l'annexe pour débarquer les gamins  à la plage qui est super loin car des bouées interdisent d'approcher (déjà qu'avant on s'était fait jeter parce qu'on s'était mis sur un corps mort !). On en profite pour faire le tour du village ma foi bien mignon mais hyper touristique.

Retour au bateau juste à temps : le vent se lève et il s'en fallait de peu que l'on reste coincé pour la nuit sur la plage !!!


Jeudi 15 juillet 2004


Le vent ne s'est calmé qu'au petit matin, c'est bien dommage, on aurait préféré qu'il continue un peu pour nous faire avancer plus vite. On prend le petit déj' et comme les enfants ne veulent pas partir sans s'être baignés et qu'on a la flemme de regonfler l'annexe (dégonflée la veille) on les fait se baigner depuis le bateau…expérience intéressante car ça nous a permis de voir qu'ils flottaient bien avec leurs gilets…(au bout de trois mois il était temps de vérifier dis donc ! )

En tous cas Théo et Elodie s'enhardissent de jour en jour côté baignade et malgré le fait qu'ils s'accrochent quand même bien à moi pour cette baignade, ils arrivent à se détendre et à trouver ça rigolo !

Allez fini de faire mumuse, on embarque… c'est qu'on a des milles à faire nous !!

On part vers 9h-9h30  en direction de l'est de l'île…. A midi il fait chaud, y'a plus de vent, et oh tiens y'a une plage là…allez on s'arrête….on mange et on débarque tout le monde sur la plage près d'une ancienne mine de fer. Annexe gonflée, dégonflée, regonflée, redégonflée… ça saoule mais bon ça fait plaisir aux gamins alors !

En tous cas le break fait du bien à tout le monde et on repart en forme au moment de la sieste des enfants…un bon petit vent nous amène gentiment jusqu'à Porto Azuro…super joli minuscule port vraiment sympa !...En plus les glaces ne sont vraiment pas chères ! Par contre le port…j'vous raconte même pas la tronche qu'on a tirée quand il nous a annoncé le prix : 30 euros… ! Ah non non, nous c'est juste pour la nuit, pas pour la semaine !..non rien à faire c'est bien ça  30 euros la nuit pour 7,50m à quai !!! Là y poussent un peu ! M'enfin , heureusement que le village est vraiment sympa !

En plus y'a une petite plage juste à côté du port ce qui plaît bien aux gamins !

On passe une nuit tranquille dans ce petit port de riches !


Vendredi 16 juillet 2004


Ah quelle bonne nuit calme et tranquille (je craignais l'ambiance un peu bruyante des ports italiens, mais non !)

Bon petit déj' et départ pour une visite en bonne et due forme de la ville (on n'a pas payé le port pour rien, on va rentabiliser !)

Petite ruelle sympa et en haut y'a quoi…une forteresse….ouaih ! génial ! Voilà un but de visite tout trouvé et en plus ça motive les gamins de voir un château. On grimpe, on grimpe, on grimpe jusqu'en haut. Là un monsieur qui fait du jardinage le long de la route nous dit que là haut ils sont méchants, qu'il ne faut pas y aller, qu'ils mettent les gens en prison…enfon on ne comprend qu'à moitié vu qu'il parle en italien et assez vite… mais bon on lui sourit gentiment sans croire à sa petite blague…Ah !Ah !Ah ! C'était bien drôle…on continue notre chemin et Oh ! Oh ! Surprise, la forteresse est gardée par des " carabinieri " et l'accès strictement interdit sauf pour les " détenuto ", détenus, mais oui c'est ça, c'est bien une prison toujours en service !!

On a l'air malin avec nos appareils photo, nos deux gamins…franchement est-ce que c'est un endroit où emmener des gamins ??

On s'en retourne tout penaud, en passant on s'arrête discuter avec le jardinier qui en fait n'essayait pas du tout de nous faire rire bien au contraire ! Il nous explique qu'il a tiré 16 ans dans cette prison et qu'il lui reste 10 jours et qu'il a un fils qu'il n'a pas revu depuis qu'il était gamin et qu'il a  lui-même aujourd'hui un gamin !!! Bref une histoire sordide où il n'y a vraiment pas de quoi rire ! On a vraiment du passer pour des gros benêts tout à l'heure !!

Après cette visite " distrayante " (et pourquoi qu'on va pas au château, hein dis papa ??) on prend un chemin qui contourne la forteresse et qui offre un beau point de vue sur tout le golfe. A un moment,  je croise une dame et lui demande avec mon italien " fabuloso " si elle sait où va ce chemin. Elle m'explique que ça mène à une plage et qu'ensuite c'est génial parce qu'on rejoint le village par un chemin beaucoup plus court !!! Bon eh ben allons-y…on arrive effectivement à la plage (30mn de marche quand même !). Les gamins se baignent et nous on repère l'endroit pour venir s'y mettre au mouillage le soir.

On repart, comme des malins on prend le raccourci que la dame nous a indiqué…du moins je le pense…et une heure après, on marche toujours avec les deux gamins sur les épaules qui n'en peuvent plus, un " cagna " pas possible parce qu'il est midi et une route nationale hyper dangereuse qu'il nous faut longer…Y'a pas de doute, j'ai pas tout compris les explications de la dame !!!

Enfin on arrive quand même au village, assoiffé, déshydraté, crevé, courbaturé…bref on a bien mérité de se poser au premier café pour déguster une glace ! (des magnum à 1,40euro, c'est pas tous les jours qu'on en trouve !) ; on se pose à la terrasse sous un gigantesque caoutchouc qui nous fait sourire en pensant au nôtre de 40cm à la maison !

On repart au bateau se rincer un coup sur le quai (c'est qu'en plus pour 30euros t'as même pas la douche et pas de WC !)

Petit casse-croûte, melon, tomates et prunes (ramassées en chemin) puis dodo.

Vers 3-4 heures on se dit qu'on pourrait peut-être bouger…il était temps, y'a un gars de la capitainerie qui vient nous voir pour nous dire qu'il faudrait peut-être qu'on parte  car normalement on aurait du libérer la place avant 11 heures !!!

" On met les voiles " vers la petite plage où l'on s'est baigné le matin. On est tout content de faire les gros malins avec notre petit bateau qui passe partout et qui va se mettre tout près de la plage tandis que les autres, les gros bétas, y restent loin !

On s'installe, une ancre, une deuxième ancre, on gonfle l'annexe…youpee, crient les gamins, on va à la plage…ouaih, ouaih !!!

Sauf que voilà, y'a un mec qui arrive en barque pour nous dire que " Signori, non es possibile restare qui !! " Comment ça pas possible, il doit faire erreur, c'est pas à nous qu'il s'adresse…on fait comme si de rien n'était….mais le mec, il est du genre collant… " non possibile, not possible, understand ? "  Non, non, t'as compris toi , non et toi t'as pas compris non plus….y veut quoi le guignol là… " allez, allez, pronto, pronto, cosi, cosi, si si signor, molto bello, si si , oulala, si si molto calde l'acqua, ouloulou, si si signor !... "

Non, ça ne marche pas, le gars insiste lourdement et nous dit de se casser et plus vite que ça et que l'on doit se mettre avec les autres bateaux tout là-bas loin de la plage parce que c'est interdit…Nous !  avec les gros bétas, non mais ça va pas ! y nous a bien regardés !..

Bon, bon , allez, allez, si si signor, d'accordo !

Nous voilà de bonne humeur maintenant qu'il faut qu'on relève nos deux ancres et qu'on explique aux gamins que " no, no , non e possibile aller à la plage perche l'autre gros connardo y veut pas !!! "

Bref c'est la crise à bord, les gamins hurlent, les parents aussi…le temps qu'on gère et qu'on relève l'ancre arrière…le mec revient à la charge !... " allora ! qu'est-ce que vous foutaresse signori ? Polizia,  Polizia, carabinieri pas contents du tout !!! etc, etc …Oui bon ben c'est bon, on a compris, on se " cassos ", ciao, ciao !

Allez on remballe notre deuxième ancre et on va se mettre à côté des gros bétas pas si bétas que ça en fait !!!(c'est pour ça qu'ils ricanaient  quand ils nous ont vu aller vers la plage…bande de nases va !).

Enfin, nous voilà posés… et on part à la plage ; y fait bientôt nuit quand on y arrive (non là j'exagère quand même !).

Après ça, soirée tranquille….ouf !


Samedi 17 juillet 2004


On repart, allez hop ! Le vent est super dans le coin, petite brise, mer plate…le pied… jusqu'à ce qu'on arrive vers Porto Ferraio (pas loin de Piombio) où là c'est un foutoir pas croyable… des bateaux à moteur dans tous les sens qui nous rasent de près et qui nous font des vagues infernales !!..L'horreur ! On va se poser dans une petite anse dans la baie de Porto Ferraio, on mange et on baigne les gamins depuis le bateau (avec les gilets, BIEN SUR !). Du coup après avoir rencontré cette cohue, on décide de faire l'impasse sur Porto Ferraio et de tracer direct un peu plus loin, en plus comme ça, ça nous rapprochera de Capraia, l'étape de demain !

On va donc se poser au golfe de Viticcio, très joli, mais blindé de monde une fois encore ! On se dit que décidément en Corse il n'y a vraiment personne par rapport à l'Italie !

On débarque en annexe sur la plage de cailloux où l'on trouve un petit bateau en polystyrène ce qui occupe un moment les enfants…et aussi des flotteurs de filet de pêche dont on fait un collier pour doudou afin qu'il apprenne à nager !

Superbe coucher de soleil, je fais 10000 photos magnifiques dont 30 portraits des gamins…  superbes ! Ca va être génial, on les fera agrandir !

….Eh ouaih, même que j'ai pas pleuré le lendemain quand je me suis rendue compte qu'y avait pas de pelloche dans l'appareil !!!!...snif, c'est trop injuste !


Dimanche 18 juillet 2004


A  4h 20 le réveil sonne, Xavier l'éteint et voilà….ça c'est notre départ loupé…

A  8h 30, on part et il me jure qu'il n'y avait pas de vent à  4h 20 et que ça n'aurait servi à rien de partir si tôt…vouai !vouai !

Allez va, faut bien avouer que personnellement je n'étais pas franchement motivée pour sortir des bras de Morphée ce matin.

On part sur Capraia plein d'entrain avec un vent tip top qui nous pousse, on est même obligé de passer au working jib…c'est tout dire … et puis voilà, c'est toujours quand on s'amuse bien que ça s'arrête ! Vent nul, plus rien et le pire : de la houle…oh, non !

Moteur, teuf, teuf, teuf, ronron, teur, teuf….etc

En plus on n'a plus d'essence, il faut refaire le plein ; c'est le bordel, ça bouge dans tous les sens, on en renverse un peu…bref, ça c'était le sale moment et puis après le vent est revenu et bien revenu car on a fini à l'approche de Capraia avec la grand voile seule et on marchait encore à 5 nœuds !

Dans l'anse le mouillage est sympa mais on va quand même au port voir s'il y a de la place…on s'installe entre deux bateaux et évidemment y'a un gars de la capitainerie qui vient nous voir et qui nous dit " No, no, non e possibile…etc, etc… " Oui bon, ça va, on connaît la chanson…allez on s'en va ! Tout d'un coup, j'ai un flash : la traîne !!! Elle est restée accrochée à l'arrière du bateau pendant tout ce temps ! ouille ouille ouille ! j'ose même pas imaginer le résultat ! Je commence à tirer sur le fil de pêche et y'a rien qui vient car évidemment c'est tout dans l'hélice du moteur !!..Youpee, c'est la fête !!! Une petite baignade dans le port, c'est juste ce dont je rêvais pour me décrasser !!

Enfin, heureusement on peut récupérer tout le fil sans en laisser un morceau dans l'hélice ; voilà notre moteur sauvé ! Ouf de ouf ! On l'a échappé belle ! Finie la pêche, finie !!!

On repart donc sous les regards apitoyés de nos voisins qui nous souhaitent bon courage. On se met au mouillage devant le port où il y a déjà pas mal de monde (ce n'est rien comparé à 3 heures plus tard…). Heureusement le mouillage est vraiment très bien abrité et on s'y sent en sécurité.

On débarque les enfants mais le rivage est assez rocailleux et on a du mal à faire quelque chose ; du coup, on ramasse du polystyrène, un bâton, un caillou et on rentre au bateau pour fabriquer un voilier avec nos trouvailles…

Voilier très réussi dont je ne suis pas peu fière, avec haubans, voile, quille, écoutes…bref tout comme un vrai…magnifique ! photo, photo, en plus il flotte et il navigue…photo,photo… vite, il était temps, Elodie écrase le voilier d'un coup de pied ! Elle est adorable, cette petite !.. Bon ben qu'est-ce qu'on fait maintenant….ben l'apéro tiens !

On s'endort en se promettant le lendemain de partir tôt. Le vent souffle toute la nuit et je pense qu'on ne va pas traîner le lendemain !


Lundi 19 juillet 2004


On part vers 8h 30 ce qui n'est pas trop mal. On a environ 20 milles à faire, le vent est avec nous, il souffle assez fort et on l'a par le travers. Grand-voile et working jib c'est largement suffisant pour nous faire faire une moyenne de 6 nœuds ! C'est l'éclate ! On file comme le vent, on se prend des paquets de mer car la mer est déjà bien formée et on se sent pousser des nageoires de dauphin tellement qu'on va vite !!!

Gwendolyne encore une fois  nous étonne par ses performances…on lui chante même des odes tout au long du parcours, du genre : (sur l'air de zorro)

Elle vole vers l'aventure au galop

Son nom elle le signe à la

Pointe de sa proue, d'un

" G " qui veut dire " Gwendo "

Gwendo,o,o,Gwendoooo !

Ou encore :

C'est un fameux 1 mât fin comme un oiseau

Hisse et Ho, Gwendolyne oh oh oh

6 noeuds 30, 3 ou 4 tonneaux

Je suis fier d'y être matelot

Tiens bon le vent et tiens bon la vague

Hisse et Ho Gwendolyne oh oh oh

Toujours fiers, toujours droit devant

Nous irons jusqu'à Macinaggio !

(enfin, on espère !)

Tout ça amélioré par un petit air d'harmonica que les enfants nous jouent depuis l'intérieur de la cabine…

Ambiance mer assurée !

En plus on voit des dauphins, le pied !

On arrive en un temps record à Macinaggio où il était quand même temps d'arriver car les rafales se font de plus en plus fortes et on crève la dalle !

L'entrée au port se fait rapide comme l'éclair quasi à la voile avec le moteur allumé pour le cas où…  et une fois passé le musoir du port, on affale la grand voile sous une foule d'applaudissements (non là j'en rajoute !!!)

Y'a un gars de la capitainerie qui nous demande si on veut une place…comme j'ai encore plein d'eau dans les oreilles, j'entends pas bien et je crois qu'il me demande si j'ai déjà une place au port…je lui réponds  " non, non "

Le gars me regarde bizarrement l'air de se dire " mais qu'est-ce qu'ils viennent foutre dans le port s'ils ne veulent pas de place ? " Du coup il reformule sa question et quand au bout de 3 ou 4 reformulations je saisis enfin le sens de sa question et je réponds " oui, oui, s'il vous plaît monsieur ! "

Il nous emmène tout au fond du port dans un petit coin bien tranquille et il nous aide même à rentrer le bateau dans la place en poussant l'avant avec son zodiac (aide bien appréciée car avec les rafales de vent il n'est pas toujours évident de manœuvrer au moteur).

Pour fêter cette belle traversée et aussi féliciter les enfants qui ont été sages tout le long, on part direct se faire un resto. Il est 12 h 30 c'est l'heure du  casse croûte !

Une bière et nous voilà paf !

Le patron a la super bonne idée de refiler des ballons gonflables aux gamins ce qui nous permet de passer le reste du repas à gonfler les ballons puis à courir après sur la route car ils s'envolent dans tous les sens !

Merci Patron !

On rentre au bateau pour s'affaler tous les quatre comme des masses pour une énorme sieste !

Douche, visite du village (c'est vite fait), courses et redodo !


Mardi 20 juillet 2004


Ce matin on part en  ballade avec les pique nique ; on va faire un petit bout du sentier du littoral jusqu'à la crique suivante qui possède une superbe plage. Les enfants s'éclatent dans les gros rouleaux et les parents aussi. Vers 3 heures on rentre car y'a le chemin  du retour à faire et les enfants sont fatigués. Théo marche à l'aller comme au retour d'un bon train…par contre Elodie se laisse porter à plusieurs reprises, la coquine !

On croise de nouveaux voisins sur le quai en face, très sympas. En discutant un peu plus avec eux, on s'aperçoit qu'on est du même coin, vers Chambéry et que le monsieur connaît mon oncle Jean Luc….comme le monde est petit ! En plus ça tombe bien, le gars serait éventuellement partant pour faire le convoyage retour du bateau avec mon père. Ce serait impeccable ça !

On s'échange les coordonnées et on en reparlera.

En attendant sieste puis lessive au lavomatic du coin. Le linge sent si bon que j'ai envie de retourner  voir le monsieur qui tient la laverie pour lui demander sa marque de lessive !

M'enfin vu l'état dans lequel était le linge avant, je me dis que j'affabule peut-être un peu et que j'ai sûrement oublié complètement la notion du propre !

Vu que les douches sont gratuites, on se lave 3-4 fois par jour avec Xavier, c'est du pur bonheur ! Le linge sent bon, les d'sous de bras aussi : c'est l'extase !


Mercredi 21 juillet 2004


Aujourd'hui on repart sur le Cap Corse, mais avant on emmène les gamins à la plage à côté du port. Puis on mange un melon délicieux et enfin vers 14 heures on peut partir. Les voisins sont aussi rapides que nous d'ailleurs car on part à peu près ensemble ; mais eux vont sur Bastia et ils auront le vent dans le nez (oh les pauv') tandis que nous on est grand largue jusqu'au fameux cap et puis vent de travers. On pensait s'arrêter à la plage de Barcaggio mais le vent est assez fort à cet endroit et il y a du monde. Du coup on continue, à peine plus loin, on se trouve une petite crique déserte, bien abritée avec des fonds de sable à faire rêver toutes les ancres ! On s'installe puis on débarque sur les rochers environnants. C'est vraiment un très joli coin et très sauvage et on se dit qu'ils sont bien bêtes les autres de s'entasser sur la plage là-bas !

M'enfin on a quand même un voisin qui vient se mettre dans notre crique mais bon ça va, c'est un voilier, on l'accepte !

On a un coucher de soleil magnifique et je pense me venger de ma pellicule ratée en refaisant une série de portraits dans cette belle lumière.

Mis à part les vagues des ferries qui passent au loin, la nuit est très tranquille.

Le soir on a mangé des bigorneaux ramassés dans les cailloux par les gamins. Théo adore, Elodie c'est beurk ! Quant à nous une bonne dizaine suffit à satisfaire notre curiosité mais pas notre faim et le cassoulet derrière est englouti en deux cuillerées !


Jeudi 22 juillet 2004


Ce matin on repart vers Centuri. Il est déjà 10 h 30 et le vent ne nous aide guère ! Au bout d'une heure on est obligé de mettre le moteur dans une mer d'huile. Heureusement Centuri n'est pas bien loin et on y est pour le déjeuner.

On se baigne depuis le bateau. Les gamins sont maintenant à l'aise pour monter et descendre l'échelle tout seuls et ils restent dans l'eau, avec leur gilet BIEN SUR ! sans qu'on ait besoin de les tenir…ça les " éclate " même quand on les tire sur le dos.

Petit repas léger : une grosse platée de nouilles ! et puis sieste.

On part ensuite à la découverte du village de Centuri ; on débarque en annexe sur la plage et on rejoint le village par la route. Il fait une chaleur incroyable et on n'a pas fait trois pas qu'on se pose à une terrasse pour se bouffer des glaces !...Ah le pied !

On reste complètement engourdi par la chaleur et on a du mal à se décider à partir de ce bar ! La seule chose qui nous motive c'est d'aller s'acheter des bières glacées et d'aller se les boire au bateau sous le taud !

Petite soirée tranquille malgré un bateau qui vient se coller vers nous, mais bon il s'excuse et nous promet de se déplacer le lendemain s'il nous gêne pour lever l'ancre.


Vendredi 23 juillet 2004


Une petite trempette avec les enfants avant de partir. Gilets et petits coussins flottants, c'est le pied ! Ils sont de plus en plus téméraires et se laissent tirer sur le coussin. La veille on les avait ramenés à la plage  en les faisant se tenir au petit youyou : l'éclate !

Le vent n'est guère aidant ce matin car non seulement il est très faible mais en plus il est contre nous. On tire deux longs bords puis on se décide à mettre un peu le moteur car sinon on ne sera jamais à St Florent ce soir !

En début d'après midi on croise un groupe de dauphins qui s'amusent avec un autre voilier et le nôtre. Toujours aussi magnifique ! Dommage que les enfants dormaient !

On arrive à St Florent vers 4 h pile l'heure d'une bonne glace et d'une bière pour fêter notre retour au point de départ de toutes nos aventures !

On s'achète même un poulet rôti pour le soir qu'on engloutit à quatre comme si on n'avait pas mangé depuis quinze jours !


Samedi 24 juillet 2004


Rien de spécial aujourd'hui si ce n'est beaucoup de repos, une bonne douche et un début de nettoyage du bateau car on le rend bientôt à mon père ! Eh oui ! Les bonnes choses ont une fin ! Mais ce n'est pas trop grave, car on a pour optique notre voyage en camping en Corse pendant trois semaines ce qui n'est quand même pas mal non plus !!!

Le vent se met à souffler soudainement en fin d'après midi et quand on voit les bateaux rentrer en catastrophe dans le port, la SNSM partir en mer…mon Dieu que l'on est content d'être là !!!


Dimanche 25 juillet 2004


En gros on a à peu près le même programme qu'hier. On aurait pu sortir mais la météo prévoyait des orages…donc… ça serait dommage de prendre des risques idiots alors qu'on est si bien à la terrasse d'un café !

C'est bien connu " prudence est mère d'oisiveté ! "

A midi on se fait un p'tit resto vers la plage " Le Relax " qui porte bien son nom ! En tous cas on y mange bien et le patron est sympa ! Comme les sauveteurs en mer de la SNCM mangent aussi ici, on a droit, en prime, à tous les naufrages récents qui se sont produits !!! De quoi vous passer l'envie de naviguer !

Le soir on est invité par des amis " Pix et Claude " au restaurant et c'est ma foi bien bien agréable !!!

On se fait un petit tour sur le front de mer pour profiter un peu de  l'animation du soir et on tombe avec plaisir sur ce bon vieux " Hubert Tempête " en plein concert. On l'avait croisé à Bastia lors d'une soirée mémorable dans sa pizzeria. Le public se compose surtout des vieux et vieilles Corses qui rigolent à en perdre leurs dentiers !

Ceci étant, nous aussi on rigole (mais de toutes nos dents !)


Lundi 26 juillet 2004


C'est le dernier jour où on peut profiter du bateau car après c'est fini (snif !). Du coup on décide de partir se faire un dernier  mouillage à la Tour. Il y a une petite brise idéale et on est là vers midi. Baignade avec seulement les brassards depuis le bateau. Ca y est, Théo se lâche complètement et il fait la nage du " p'tit chien ". Elodie est un peu moins en confiance mais ça vient ! Faut dire qu'elle rigole tellement qu'elle boit la moitié de la mer à chaque brasse !

Grosse sieste puis on débarque à la petite plage (le soleil est déjà en train de se cacher derrière la colline !)

Là on croise nos voisins de mouillage qui sont sur un bateau de la même taille que le nôtre (un Dufour 1800 ). Ca fait toujours plaisir et en plus, ils sont eux aussi quatre à bord (dont deux enfants déjà grands).

On retourne au bateau alors que le soleil est déjà couché et là j'entends une voix qui ne m'est pas inconnue venant d'un autre bateau….mais oui c'est bien lui : notre voisin de port de Bandol ! Nénou ou René ! On se fait des grands signes et hop nous voilà repartis tous les quatre dans l'annexe pour leur rendre visite et boire l'apéro avec eux !

A peine approche-t-on de leur bateau que leur chien saute dans l'annexe déclenchant une panique phénoménale ! Elodie s'apprête à sauter à l'eau tellement elle a peur, Théo se colle à son père qui lui essaie de rattraper Elodie, moi je me lève pour attraper le chien mais le fait de me lever fait basculer le youyou et il s'en est fallu de peu que tout le monde ne finisse à l'eau !!!

Une arrivée remarquée !

Enfin, on se hisse tous à bord du bateau de René et après un bon apéro et des retrouvailles " sympa " on repart à la nuit tombée à notre bateau.

La nuit est très calme et l'on n'a pas de mal à dormir paisiblement !


Mardi 27 juillet 2004


Départ dès le réveil car mon  père nous attend normalement au port. On ne prend donc pas le temps du p'tit déj' et l'on part au moteur malheureusement car il n'y a pas de vent !

On arrive au port en même temps que mon père qui voit tout de suite à quel point on a progressé en trois mois car je m'y prends à cinq ou six reprises pour faire rentrer le bateau dans sa place en marche arrière !!!

Finalement trois mois de plus auraient peut-être été nécessaires !!!!

On se prend un solide petit déjeuner tous ensemble pour fêter ces retrouvailles. Les gamins sont ravis de retrouver leur " papi-chat " et il ne faut pas longtemps avant qu'ils ne décollent plus de lui !

Après ça on s'organise (c'est beaucoup dire !) pour la " passation de pouvoir " : mon père prend le bateau et nous on prend la voiture, le tout étant d'arriver à faire passer tout notre barda du bateau à la voiture…ça ne tiendra jamais ! Mais si ! A force de compresser les sacs (et vive les tomates écrasées tout en dessous !) on arrive à fermer les quatre portières et même le coffre !

(…)

Après avoir laissé Gwendolyne à mon père on part en camping quelques jours puis on revient sur Calvi pour effectuer le convoyage retour du voilier sur le continent. Xavier se dévoue pour garder les enfants au camping et je pars avec mon père faire la traversée… (par chance Xavier aura lui aussi l'occasion de faire un convoyage quelques semaines plus tard !)


Mercredi 4 et jeudi 5 août 2004


Départ de Calvi  à l'heure dite, on se sépare vers 9h30 assez rapidement afin de ne pas éterniser ce moment pour les gamins (ça fait des mois que nous vivons 24h/24h ensemble : c'est dur de se séparer ! ). A 10h on quitte le mouillage devant Calvi.

On a du vent à peu près convenable jusqu'au soir et puis plus rien ! Ca me fait tout drôle de  naviguer sans les enfants et avec mon père, tout me semble si facile et je me sens complètement zen…pas d'enfants à s'occuper et à surveiller en permanence, seulement une voile à régler de temps en temps, un cap à tenir… tout cela semble irréel ! ! ! C'est limite trop facile !

On se met au moteur vers 20h et on y reste toute la nuit, il n'y a plus un brin d'air ! On n'a bientôt plus assez d'essence pour continuer et on veut en garder pour l'arrivée, on décide donc d'attendre le vent, plantés là au milieu ! Heureusement, pour nous distraire, les baleines viennent nous faire un bonjour ainsi que les dauphins… C'est toujours magique d'entendre les souffles des uns et des autres dans le silence de la nuit (ça fait toujours sursauter aussi la 1ère fois alors que l'on commençait à s'endormir à la barre !..)

La nuit se passe ainsi très calme alors que l'on s'attendait à un force 6 prévu par la météo…Je ne sais pas où ils sont allés pêcher ça ! Au matin on a quand même un petit souffle mais ce n'est pas la tempête (t'inquiètes, ça va venir…). A défaut de s'amuser à la barre, on s'amuse avec le GPS pour passer le temps. Celui-ci nous annonce que l'on fait du 2-3 noeuds et qu'à ce rythme là " ben vous êtes pas arrivés les gars ! ! ! ".Il nous estime une arrivée vers 23h à St Raphaël, ce qui me désespère un peu car j'espérais choper le ferry rapide de 17h45 de Nice afin d'arriver ce soir même à Calvi retrouver ma petite famille… Mais bon, il faut bien prendre son mal en patience car de toute façon y'a rien d'autre à faire !


Le ciel s'obscurcit de plus en plus tout autour de nous et on fait les malins en disant que " oui c'est bon là on passe à côté de l'orage alors que l'autre bateau là-bas, houlala qu'est ce qui va s'mettre ! ". Pourtant on entend tonner de plus en plus souvent… Les éclairs se rapprochent…bref, ça sent le roussi ! Bientôt on ne fait plus du tout les malins car on sent bien que houlala on va y avoir droit ! On s'apprête à réduire les voiles et on attend…

Soudain, alors que le ciel est complètement noir, la mer devient blanche derrière nous et semble foncer sur nous ! On affale le génois léger et on passe direct au working jib, 1 ris dans la grand voile…juste à temps… En fait, pour l'instant, ce n'est qu'une pluie diluvienne qui nous tombe dessus, il n'y a pratiquement pas de vent…Il pleut, il pleut , ça tonne de plus en plus fort et les éclairs fusent tout autour de nous…mais pour l'instant rien de plus…Mais ça va se compliquer : la mer devant nous prend un drôle d'aspect grisâtre et le vent ne tarde pas à se mettre à siffler dans le mât… En quelques minutes, il souffle tellement fort que l'on est obligé de prendre un 2ème ris dans la grand voile, puis un ris dans le working jib… et ça continue de monter, et ça dure, ça dure… On ne s'entend plus parler entre le vent qui siffle, les grondements du tonnerre assourdissants, la mer qui se lève avec les vagues qui arrosent le pont et nos têtes avec (on se fait la réflexion d'ailleurs que la mer est bien plus chaude que l'air…c'est toujours rassurant si on chavire !)…Bref, ambiance fin du monde assuré ! Et le pire c'est que ça ne s'améliore pas et ça se déchaîne à tel point que l'on affale le foc et que l'on reste avec notre grand voile seule avec ses deux ris…Bon si ça continue on va p'tête même finir avec le tourmentin tout seul et on verra bien où le vent nous mènera. On ne rigole plus du tout à bord et on sent l'inquiétude qui monte, qui monte…

Les déferlantes sont impressionnantes et la mer prend une couleur sinistre…La mer en colère y'a pas à dire : c'est flippant ! ! ! Au bout de 3 heures (ça m'a paru plus long !) on commence à s'impatienter et on trouve que pour un orage ça dure un peu trop…C'est bon, c'est bon t'as gagné c'est toi la plus forte et maintenant si on se faisait une petite accalmie, hein, dis ?

Et voilà ce qui arrive à force de vouloir du vent ! Ah ben nous voilà servi ! Un p'tit coup d'œil au GPS : oh ben lui au moins il est content car on fait du 5-6 nds avec notre p'tit bout d'voile et " félicitations les gars, à ce rythme là vous serez à midi à St Raphaël ! ! ! "


Enfin quand même ça se calme alors que l'on commence à voir la terre et l'on remonte petit à petit jusqu'au génois lourd et pour finir jusqu'au moteur car il n'y a plus de vent ! On en est tout éberlués, c'est à croire que l'on à rêvé…Mais l'état d'humidité de nos vêtements et de l'intérieur de la cabine (ce bateau c'est un peu un sous-marin dès qu'il y a de la mer) nous servent de " garde-fou ".


En tout cas, question vent, on aura tout eu : pas du tout, un peu, beaucoup, beaucoup trop, pas du tout…On peut pas se plaindre sur le manque de variété ! (et moi qui avait peur que ce soit trop facile, j'm'en souviendrais…En tout cas heureusement que les gamins n'étaient pas là…)


Enfin, on arrive à St Raphaël vers 15h, très heureux de poser les pieds sur la terre ferme !

Je fonce à la cabine téléphonique la plus proche pour rassurer dans un 1er temps Xavier. Il s'est payé les mêmes orages sous la tente, enfermé avec les gamins : apparemment tout aussi impressionnant ! Ensuite, rassurer ma mère, grande inquiète par dessus l'éternel (ce que c'est que d'être mère !..) et lui demander les horaires des trains et bateaux pour retourner sur Calvi… Je me dis que j'ai peut être une chance de chopper le bateau de 17h45 de Nice et après avoir réservé par téléphone mon billet et payé par carte bleue, je n'ai plus le choix : il faut absolument que je le choppe car le billet n'est pas remboursable.

Je pars donc en courant comme une folle avec mon sac à dos jusqu'à la gare de St Raphaël pour chopper le train de 16h10 (il est 15h50, faut pas traîner !). J'arrive à la gare essoufflée et rouge comme une tomate pour voir que le train en question a 20 mn de retard ! Le train arrivait normalement à 17h10 à Nice, mais là, du coup il va arriver vers 17h30 ! Ca va être chaud pour traverser tout Nice à pied et arriver à l'embarquement avant 17h45 ! ! !

Du coup, je profite des 20 mn pour acheter mon billet de train et trouver à l'office du tourisme un plan de Nice, histoire de ne pas me perdre, ce qui compliquerait encore les choses ! Evidement y'a toujours des taxis à la sortie des gares mais vu la circulation du mois d'août en bord de mer, ça risque d'être encore plus long qu'à pied.


Bref, je prends mon train et essaye de reprendre des forces en prévision de mon deuxième sprint!  A l'arrivée, je bondis et je cours au 1er taxi qui me dit, franco, qu'il ne pourra pas être au bateau dans les temps ! Du coup, je pars en courant avec mon plan à la main et mon sac sur le dos. C'est que c'est grand Nice ! Je cours à en perdre haleine et les gens me regardent passer comme une folle ! J'arrive enfin au bord de la mer (la fameuse promenade des anglais) que je longe en doublant les gens qui font leur jogging ! (je me marre intérieurement mais je n'en peux plus physiquement !).

J'arrive enfin au quai commercial où je m'attends, d'un moment à l'autre, à voir le ferry larguer ses amarres ! Mais non, il est là et il y a encore quelques voitures qui embarquent ! Ca me redonne de l'énergie pour courir les derniers mètres et enfin me voilà à bord ! ouf ! Je n'en crois pas encore mes pattes ! ! ! Je me rends compte alors que les gens me  regardent d'un drôle d'air : je suis trempée des pieds à la tête de sueur, je suis plus rouge que 30 camions de pompiers réunis et je suis complètement essoufflée ! ! ! Je m'affale dans un fauteuil avec bonheur…j'emprunte le téléphone portable d'un passager pour prévenir Xavier que je suis à bord et je vais changer mon t-shirt dans les toilettes (pour la 2ème fois car je l'avais déjà changé dans le train).

Je m'endors dans un bien-être serein, heureuse de pouvoir retrouver ma petite famille ce soir !

Le Corsica Ferry fait en 3h la traversée qu'on a effectuée en 29 heures et j'en suis fort aise pour cette fois ! Xavier est là à l'arrivée, avec les enfants et l'on se paye un resto, bien mérité !


Je m'endors le soir comme une masse avec autant de quiétude qu'il est possible d'avoir !…


The end (for the moment…)

Adeline Foray


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