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Eugène Atget

  • Published in Biographies

Eugène Atget

Par : Roland Quilici


photographieEugène Atget est né le 12 février1857 à Libourne en Gironde d'un couple d'artisans de la banlieue parisienne. Issu d'une famille modeste, son père exerce la profession de carrossier.Il se retrouve orphelin à l'âge de quatre ans.

Elevé par ses grands parents, après de courtes études secondaires, il se destine à devenir prêtre. Il embarque comme mousse, de 1875 à 1877 sur un navire de commerce des lignes d'Afrique, qui l'emmène jusqu'en Uruguay. 1878, il arrive à Paris, où il rêve d'entamer une carrière de comédien. Après un premier échec,il entre en 1879 à la Comédie Française.Ses obligations militaires l'empêchent de mener à bien ses études et, en 1881, il est exclu de cette prestigieuse institution. Il entame toutefois une carrière d'acteur ambulant et tient de petits rôles jusqu'en 1887, date à laquelle il contracte une affection à la gorge l'obligeant à abandonner définitivement le théâtre. 1890,de retour à Paris il s'essaye à la peinture, sans grand succès, et se tourne alors par dépit vers la photographie " documentaire " pour offrir ses services aux architectes et aux graphistes.


Il utilise une chambre en bois 18 x 24 avec laquelle il commence à photographier dans laphotographie Somme aux alentours de 1888. Vers1890, il décide d'en faire son métier. Sa série sur Les petits métiers de Paris en voie de disparition est éditée en cartes postales en 1897. En 1898, il vend ses premières épreuves à des institutions et commence à photographier les vieux quartiers de Paris.De 1898 à 1927, il vit au 17 bis rue Campagne Première, dans un quartier qui deviendra très en vogue quelques décennies plus tard. Sa femme Valentine l'aide à faire ses tirages.Il réalise plusieurs grandes séries sur les environs de Paris et sur l'art dans le vieux Paris, avec ses aspects pittoresques. En 1907, il entreprend pour la Bibliothèque Nationale un travail plus systématique dans les rues de Paris. Son œuvre se compose d'environ dix mille images, avec des séries ponctuelles sur le jardin des Tuileries, et les intérieurs parisiens. Il documente également  Rouen,  Beauvais, et Amiens.


Avec la Première Guerre mondiale Atget prend de moins en moins de photographies, mais dès1920, il  trimballe à nouveau son matériel pour laisser des images de Versailles, de Sceaux, ou de Saint-Cloud.1920 il propose au directeur des Beaux-arts une collection de 2600 plaques représentant des monuments du vieux Paris.


photographieTrente années à photographier lui vaudront de sauvegarder la mémoire de Paris avant  les transformations architecturales du baron Haussmann. Pas un coin de la capitale n'a échappé à son œil. La ville avec ses ouvriers, ses bourgeois, ses marginaux, ses maisons closes et ses prostitués. Malgré son illustre clientèle d'artistes peintre (Georges Braque, André Derain, Maurice Utrillo, Maurice de Vlaminck, André Dunoyer de Segonzac, Moïse Kisling, ou Tsugouharu Foujita), la situation financière d'Atget est précaire.Il vit sur les seuls revenus de sa femme pendant et après la Première Guerre mondiale.


Atget décède le 4 août 1927, dans la misère, juste avant que les surréalistes, et Man Ray en particulier ne voient en son œuvre autre chose que l'aspect purement documentaire. Berenice Abbott, photographe américaine, assistante de Man Ray rachète une partie du fonds. Le restant seraphotographie acquis par les archives Photographiques d'Art et d'Histoire. B. Abbott montre les plaques à ses amis  photographes Ansel Adams, Edward Weston, et Walker Evans, et n'a de cesse par la publication d'articles et d'ouvrages sur son travail, de faire découvrir ce grand pionnier de la photographie. Elle écrit à son sujet : " On se souviendra de lui comme d'un historien de l'urbanisme, d'un véritable romantique, d'un amoureux de Paris, d'un Balzac de la caméra, dont l'œuvre nous permet de tisser une vaste tapisserie de la civilisation française ".


La Bibliothèque Nationale de France (site Richelieu) va consacrer une  importante rétrospective du 27 Mars au 1er juillet 2007, pour fêter les 150 ans de sa naissance, occasion unique de découvrir  les photographies de celui qui  est aujourd'hui  reconnu comme l'un des plus grands noms de la photographie française.


Roland Quilici


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Chronique par Roland Quilici

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